Juin 2022 - N° 12 1 4 Le Juin 2022 12 pages Les changements d’occupation des sols dans le Moyen Atlas et ses bordures (Maroc), et leurs implications pour la protection de la ressource en eau A lors que les scénarios climatiques projetés à l’horizon 2050 laissent présager une raréfaction de la ressource en eau sur le pourtour méditerranéen, le Maroc vit actuellement une période de stress hydrique des plus importantes depuis celles des années 1980. Si les causes de cette situation critique sont climatiques, les modalités de gestion et d’utilisation de la ressource en eau, notamment pour l’agriculture qui en accapare 93%, sont également à interroger. Dans cette perspective, des travaux sur le Moyen Atlas réalisés par deux doctorants du LOTERR permettent de retracer la trajectoire des modifications des surfaces agricoles et des systèmes hydroagricoles depuis les années 1980 et leurs impacts actuels sur la gestion de la ressource en eau conventionnelle. Sébastien LEBAUT, Abdelaziz EL-BOUHALI, Tarik EL ORFI* * Sébastien LEBAUT, Maître de conférences, LOTERR, Université de Lorraine , Abdelaziz EL-BOUHALI, Doctorant, LOTERR, Université de Lorraine/ Université de Fès, Tarik EL ORFI, LOTERR, Université de Lorraine/Université de Béni Mellal. Figure 1 : Localisation du Moyen Atlas et des secteurs d’étude 1 - Contexte global L’inquiétude qui pèse sur les ressources naturelles à l’échelle internationale est visible au travers des décisions des Nations Unies qui ont déclaré 2010 « Année interna- tionale de la biodiversité », 2011 « Année internationale de la forêt », 2015 « Année internationale des sols ». La pres- sion anthropique sur ces ressources en lien avec le déve- loppement des sociétés est également prise en considéra- tion avec l’« Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau » en 2013 et l’ « Année internationale de l’agriculture familiale » en 2014. Ces décisions prises à une échelle globale ont pour objectif la promotion d’initiatives entre les gouvernements, les organisations internationales et sociétés civiles, visant d’une part à gérer et préserver les ressources et d’autre part à initier ou renforcer des actions visant à promouvoir la gestion durable, la préservation et le développement des écosystèmes naturels. La commu- nauté internationale s’interroge également sur le réchauffe- ment climatique et les impacts sur les milieux. La COP22 qui s’est tenue à Marrakech a mis en évidence l’intérêt de reconsidérer les conditions d’usages des ressources. Le Maroc accorde ainsi beaucoup d’intérêt aux questions de la préservation de l’environnement dans l’aménagement du territoire, notamment à travers la « Charte Nationale de l’Environnement et du Développement Durable ».