J Chir 2005,142, N°6 • © Masson, Paris, 2005
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Le Journal aux Congrès
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e
Congrès Français de Chirurgie
Paris, 28-30 septembre 2005
X. Pouliquen
1
, L. Chiche
2
, S. Msika
3
1. 18 rue des Vignolles – Ermont.
e-mail : xavier.pouliquen@free.fr
2. Service de chirurgie digestive, CHU Caen, Côte de Nacre – Caen.
e-mail : chiche-l@chu-caen.fr
3. Service de chirurgie générale et digestive, Hôpital Louis Mourier-Colombes
e-mail : simon.msika@lmr.ap-hop-paris.fr
Correspondance : X. Pouliquen, 18 rue des Vignolles, F 95120 Ermont.
Deux rapports ouvraient cette année le congrès. Le premier concernait
les métastases hépatiques des cancers non colorectaux, non endocrines,
le second les tumeurs de l’ovaire.
Métastases hépatiques des cancers non colorectaux,
non endocrines (rapport)
R. Adam (Paris) et L. Chiche (Caen)
Les métastases hépatiques d’origine non colorectales non endo-
crines (MHNCE) sont un vaste sujet. Le rapport était de fait lourd,
au propre comme au figuré… La participation de 41 centres (dont
8 étrangers) a permis aux auteurs de colliger rétrospectivement
1 452 patients réséqués pour des métastases hépatiques non endocri-
nes autres que d’origine colorectale. Cette indication est rare mais a
augmenté avec le temps puisqu’on est passé de 37 cas répertoriés en
1990 à 113 en 2004. L’objectif était de rapporter les résultats de la
chirurgie dans ce contexte, d’analyser les facteurs pronostiques afin
de déterminer la place de la résection des métastases hépatiques en
fonction des différents sites primitifs.
En données brutes, la mortalité opératoire globale (sur près de
30 ans de recueil) était faible (2,3 %) et les 36 % de survie à 5 ans
après résection, concernant des cas incontestablement sélectionnés,
était plutôt bonne ; la médiane de survie était de 34,5 mois. Ces résultats
sont proches de ceux des résections pour métastases hépatiques d’ori-
gine colorectale.
Le matériel concerné par le rapport était considérable et permet
désormais de disposer de la cohorte de malades numériquement la plus
importante de la littérature, pour chaque site du primitif. Le cancer
du sein intéressait 460 cas de résections de métastases hépatiques, les
cancers urologiques 206 cas, les mélanomes 148 cas, les adénocarci-
nomes de l’estomac 101 cas et les tumeurs stromales 158 cas…
Parfois, les informations recueillis étaient sans grande surprise
(mauvais résultats des métastases des cancers épidermoïdes et des mé-
lanomes, bons résultats pour les tumeurs stromales ou le testicule).
Parfois ces résultats interpellaient les auteurs (bons résultats pour le
cancer du sein, de l’ovaire, et du rein) et parfois les ont carrément
étonnés (résultats honorables pour le pancréas exocrine, l’ampullome,
les tumeurs surrénaliennes).
L’analyse des facteurs pronostiques était réalisée pour chaque site pri-
mitif. Revenaient le plus souvent comme facteurs de bon pronostic, le
caractère R0 de la résection, l’absence de métastase extra hépatique, le
long délai d’apparition des métastases. De plus, l’existence de nombreux
survivants à plus de 5 ans qui n’entraient pas toujours dans ces catégories
de « bon pronostic » devrait inciter à discuter plus souvent la chirurgie
hépatique dans les réunions de concertation multi disciplinaire.
L’intérêt principal du rapport est de regrouper un maximum d’in-
formations pour aider le chirurgien à décider la résection de métastases
hépatiques d’origine non colorectale, car comme l’a écrit en conclusion
P. Rougier : « Le dogme de la ‘maladie systémique’, interdisant toute
résection hépatique, a vécu… et ceci au même titre que pour les mé-
tastases de tumeurs colorectales ou de tumeurs endocrines ».
Tumeurs de l’ovaire (rapport)
J. Dauplat (Clermont Ferrand) et J.P. Lefranc (Paris).
Ce rapport a mis en exergue les bonnes pratiques qui permettent
d’escompter une amélioration sensible des résultats thérapeutiques
dans cette pathologie :
– Kystes a priori bénins, la voie d’abord peut être médiane (jamais trans-
versale…), ou cœlioscopique à condition de convertir facilement si
l’on n’a pas une expérience et un contrôle peropératoire suffisants.
L’extraction doit être protégée. L’examen histologique extemporané
s’impose, comme la réintervention précoce si la nature néoplasique
est révélée en postopératoire.
– Tumeurs « border line ». Si toutes les conditions favorables sont ré-
unies (tumeur non mucineuse, sans invasion du stroma, bonne évalua-
tion première), on peut en rester à une chirurgie conservatrice et à
une surveillance rigoureuse sans nécessité de re-stadification chirur-
gicale ni de chimiothérapie.
– Carcinomes. Une intervention à visée curative n’a de sens que si elle
parvient à ne laisser derrière elle qu’un résidu tumoral nul ou minime
(moins de 2 cm), ce qui implique au minimum (opération « standard »)
une laparotomie médiane xyphopubienne, une exploration complète,
une hystérectomie totale, une ovariectomie bilatérale, une omentecto-
mie complète, une lymphadénectomie bi-iliaque et lombo-aortique
(prouvées efficaces sur la survie sans récidive), une péritonectomie sim-
ple et une appendicectomie en cas de tumeur mucineuse. En cas d’ex-
tension pelvienne, l’exérèse (« radicale ») utéro-ovarienne doit s’étendre
en monobloc au péritoine pelvien et au recto-sigmoïde. Une exérèse
« supra-radicale » s’impose à tout autre organe envahi résécable sans
mutilation (côlon, grêle, vésicule, rate, capsule hépatique…).
Il n’est donc pas logique d’opérer d’emblée les patientes dont le
bilan d’extension montre qu’une chirurgie curative n’est pas possible.
Dans ces cas, seule une histologie première est nécessaire (percutanée
ou cœlioscopique), l’intervention curative est reconsidérée après 3 cures
de chimiothérapie si celle-ci entraîne une bonne rémission. Cette chi-