Imagerie de la dysplasie et de la luxation
congénitale de hanche
P Demange
C Adamsbaum
D Manlot
G Kalifa
R Seringe
Résumé. – Les anomalies congénitales de la hanche de l’enfant représentent un problème quotidien dans la
pratique pédiatrique. De nombreux travaux sur l’anatomie pathologique, la pathogénie, les techniques de
l’examen clinique et de l’échographie ont permis de mieux comprendre cette pathologie congénitale
anténatale et surtout de mieux en assurer le dépistage et le traitement qui posent un problème réel de santé
publique.
On distingue : la luxation où la tête fémorale est en dehors de la cavité cotyloïdienne ; la subluxation où la
tête fémorale est en position haute et trop externe sans être totalement sortie de la cavité cotyloïdienne ;
l’instabilité, qui est la traduction du phénomène de réduction/reluxation de la tête fémorale, analysée dans
différentes positions de la hanche ; l’instabilité est constatée lors d’une manœuvre dynamique, soit au cours
de l’examen clinique, soit au cours de l’examen échographique ; la dysplasie acétabulaire, qui peut être
définie comme une anomalie architecturale du développement de la hanche, d’expression essentiellement
radiologique.
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Mots-clés : luxation de hanche, échographie du nourrisson, radiographies pédiatriques, orthopédie
pédiatrique.
Introduction
La pathologie congénitale de la hanche demeure une préoccupation
quotidienne en pédiatrie.
Si l’importance de l’examen clinique et l’apport de la radiographie à
partir de l’âge de 4 mois demeurent inchangés dans le dépistage de
la luxation congénitale de hanche (LCH), l’échographie a trouvé sa
place dans la stratégie diagnostique et la surveillance.
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est venue suppléer
l’arthrographie en préopératoire et améliore les contrôles sous
plâtres difficiles radiologiquement.
La tomodensitométrie (TDM) n’a pas de place à l’étape
diagnostique. Avec la possibilité de reconstructions en trois
dimensions (3D), elle a des indications plus limitées et plus tardives
dans le bilan des déformations résiduelles quand l’ossification a
progressé.
Le traitement orthopédique est institué dans les luxations et
instabilités évidentes alors que la thérapeutique devant les hanches
douteuses repose surtout sur la surveillance, par crainte de
provoquer une ostéochondrite iatrogène.
Définition
Les Anglo-Saxons ont adopté le terme developmental dysplasia of the
hip
[1, 30]
, traduisant la difficulté à nommer une pathologie
polymorphe dont la pathogénie est toujours discutée.
Le terme classique de maladie luxante de la hanche
[34, 51]
laisse
entendre que la LCH est susceptible de se constituer après la
naissance, alors que la théorie mécanique
[44]
considère que la LCH
procède des contraintes in utero à partir d’une position fœtale
luxante.
Le terme de LCH recouvre de fait l’ensemble des situations qui
« présentent un risque de luxation »
[13]
.
– Dans la luxation, la tête fémorale est sortie de la cavité
cotyloïdienne.
– La subluxation correspond à une excentration de la tête par
rapport à la cavité.
– La dysplasie concerne la morphologie du cotyle (ou acétabulum)
et est plus difficile à apprécier du fait de l’évolution avec l’âge de
l’aspect de la cavité et des variantes anatomiques sans caractère
pathologique.
Épidémiologie
[19, 52]
Une méta-analyse de 101 publications de la littérature mondiale
[33]
a évalué l’incidence néonatale de la luxation de hanche à 8,6/1 000
quand l’examen est réalisé par un pédiatre, 11,5/1 000 par un
orthopédiste et 25/1 000 à l’échographie.
Les taux varient en France de 0,3 à 2 %, avec des variations
régionales (2 % à Paris)
[45]
. Les Indiens navajos des États-Unis ont la
fréquence la plus élevée, avec 6 % de LCH
[19]
.
Philippe Demange : Attaché-consultant.
Catherine Adamsbaum : Professeur des Universités, praticien hospitalier.
Didier Manlot : Attaché-consultant.
Gabriel Kalifa : Professeur des Universités, praticien hospitalier.
Service de radiologie.
Raphaël Seringe : Professeur des Universités, praticien hospitalier.
Service d’orthopédie, hôpital Saint Vincent de Paul, 82, avenue Denfert-Rochereau, 75674 Paris cedex 14,
France.
Encyclopédie Médico-Chirurgicale 31-105-A-10
31-105-A-10
Toute référence à cet article doit porter la mention : Demange P, Adamsbaum C, Manlot D, Kalifa G et Seringe R. Imagerie de la dysplasie et de la luxation congénitale de hanche. Encycl Méd Chir (Editions Scientifiques et
Médicales Elsevier SAS, Paris, tous droits réservés), Radiodiagnostic - Neuroradiologie-Appareil locomoteur, 31-105-A-10, 2002, 9 p.