Imagerie de la dysplasie et de la luxation congénitale de hanche P Demange C Adamsbaum D Manlot G Kalifa R Seringe Résumé. Les anomalies congénitales de la hanche de l’enfant représentent un problème quotidien dans la pratique pédiatrique. De nombreux travaux sur l’anatomie pathologique, la pathogénie, les techniques de l’examen clinique et de l’échographie ont permis de mieux comprendre cette pathologie congénitale anténatale et surtout de mieux en assurer le dépistage et le traitement qui posent un problème réel de santé publique. On distingue : la luxation où la tête fémorale est en dehors de la cavité cotyloïdienne ; la subluxation où la tête fémorale est en position haute et trop externe sans être totalement sortie de la cavité cotyloïdienne ; l’instabilité, qui est la traduction du phénomène de réduction/reluxation de la tête fémorale, analysée dans différentes positions de la hanche ; l’instabilité est constatée lors d’une manœuvre dynamique, soit au cours de l’examen clinique, soit au cours de l’examen échographique ; la dysplasie acétabulaire, qui peut être définie comme une anomalie architecturale du développement de la hanche, d’expression essentiellement radiologique. © 2002 Editions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés. Mots-clés : luxation de hanche, échographie du nourrisson, radiographies pédiatriques, orthopédie pédiatrique. Introduction La pathologie congénitale de la hanche demeure une préoccupation quotidienne en pédiatrie. Si l’importance de l’examen clinique et l’apport de la radiographie à partir de l’âge de 4 mois demeurent inchangés dans le dépistage de la luxation congénitale de hanche (LCH), l’échographie a trouvé sa place dans la stratégie diagnostique et la surveillance. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est venue suppléer l’arthrographie en préopératoire et améliore les contrôles sous plâtres difficiles radiologiquement. La tomodensitométrie (TDM) n’a pas de place à l’étape diagnostique. Avec la possibilité de reconstructions en trois dimensions (3D), elle a des indications plus limitées et plus tardives dans le bilan des déformations résiduelles quand l’ossification a progressé. Le traitement orthopédique est institué dans les luxations et instabilités évidentes alors que la thérapeutique devant les hanches douteuses repose surtout sur la surveillance, par crainte de provoquer une ostéochondrite iatrogène. Définition Les Anglo-Saxons ont adopté le terme developmental dysplasia of the hip [1, 30] , traduisant la difficulté à nommer une pathologie polymorphe dont la pathogénie est toujours discutée. Le terme classique de maladie luxante de la hanche [34, 51] laisse entendre que la LCH est susceptible de se constituer après la naissance, alors que la théorie mécanique [44] considère que la LCH procède des contraintes in utero à partir d’une position fœtale luxante. Le terme de LCH recouvre de fait l’ensemble des situations qui « présentent un risque de luxation » [13] . – Dans la luxation, la tête fémorale est sortie de la cavité cotyloïdienne. – La subluxation correspond à une excentration de la tête par rapport à la cavité. – La dysplasie concerne la morphologie du cotyle (ou acétabulum) et est plus difficile à apprécier du fait de l’évolution avec l’âge de l’aspect de la cavité et des variantes anatomiques sans caractère pathologique. Épidémiologie [19, 52] Une méta-analyse de 101 publications de la littérature mondiale [33] a évalué l’incidence néonatale de la luxation de hanche à 8,6/1 000 quand l’examen est réalisé par un pédiatre, 11,5/1 000 par un orthopédiste et 25/1 000 à l’échographie. Les taux varient en France de 0,3 à 2 %, avec des variations régionales (2 % à Paris) [45] . Les Indiens navajos des États-Unis ont la fréquence la plus élevée, avec 6 % de LCH [19] . Philippe Demange : Attaché-consultant. Catherine Adamsbaum : Professeur des Universités, praticien hospitalier. Didier Manlot : Attaché-consultant. Gabriel Kalifa : Professeur des Universités, praticien hospitalier. Service de radiologie. Raphaël Seringe : Professeur des Universités, praticien hospitalier. Service d’orthopédie, hôpital Saint Vincent de Paul, 82, avenue Denfert-Rochereau, 75674 Paris cedex 14, France. Encyclopédie Médico-Chirurgicale 31-105-A-10 31-105-A-10 Toute référence à cet article doit porter la mention : Demange P, Adamsbaum C, Manlot D, Kalifa G et Seringe R. Imagerie de la dysplasie et de la luxation congénitale de hanche. Encycl Méd Chir (Editions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS, Paris, tous droits réservés), Radiodiagnostic - Neuroradiologie-Appareil locomoteur, 31-105-A-10, 2002, 9 p.