© Langage & Société 183/3 – 2024
Pratiques langagières protestataires : coulisses et marges
Manon Him-Aquilli
ELLIADD, Université de Franche-Comté
manon.him_aquilli@univ-fcomte.fr
Juliette Rennes
CEMS, EHESS
juliette.rennes@ehess.fr
Marie Veniard
CEPED, Université Paris Cité
marie.veniard@u-paris.fr
Pour étudier les dimensions langagières des mobilisations, les recherches
en argumentation et analyse de discours s’appuient le plus souvent sur
des publications imprimées, des prises de parole dans les médias ou
retransmises par eux et, depuis une vingtaine d’années, des matériaux
discursifs circulant sur internet. En d’autres termes, il s’agit de discours
publics au sens de productions verbales, oralisées ou écrites, potentiel-
lement accessibles à tout un chacun·e du fait qu’il en existe une trace
écrite, transcrite, filmée ou enregistrée, indépendamment du choix d’une
chercheuse ou d’un chercheur de les étudier. Cette focale a accompagné
le développement de l’analyse de discours (AD) en France depuis une
quarantaine d’années et demeure tangible dans les revues de référence
du domaine que ce soit Mots. Les langages du politique ou la plus récente
Argumentation & Analyse de discours
1
.
1. On peut toutefois repérer, dès les années 1980, quelques manifestations isolées
d’investigations s’appuyant sur une connaissance des coulisses de production de ces textes