Revue Mabillon, n. s., t. 32 (= t. 93), 2021, p. 43-48. EBRELMUS, MOINE CLUNISIEN AUTEUR DE LA TRANSLATIO SANCTI INDALECII (BHL 4270), ET EZELON, MOINE CLUNISIEN AUTEUR D’UNE VITA PERDUE D’HUGUES DE SEMUR par Patrick HENRIET et José Carlos MARTÍN-IGLESIAS En 2017, les auteurs de cette note ont publié dans la revue Hagiographica une nouvelle édition de la Translatio sancti Indalecii (BHL 4270), un texte aragonais de la fin du XI e siècle 1 . L’origine de deux vers situés dans le prologue nous avait alors échappé. La découverte de cette nouvelle source ne résout pas la question de l’identité de l’auteur, un moine clunisien appelé Ebrelmus ou Ebretmus, mais elle donne une information importante qui invite à poser quelques questions. Commentant avec plusieurs arguments nouveaux une hypothèse émise par les bollandistes en 1675, nous nous étions demandé il y a cinq ans, sans trancher, si l’auteur de la Translatio Indalecii pouvait être le même hagiographe qui, dans les dernières décennies du XI e siècle, avait composé un récit de la translation des restes d’Isidore de Séville à León 2 . La petite découverte que nous présentons ici va dans une autre direction qui n’est pas nécessairement incompatible avec cette hypothèse. La translation des reliques d’Indalecio, l’un des sept apôtres de l’Espagne (les « varones apostólicos »), depuis Almería jusqu’au monastère aragonais de San Juan de la Peña, eut lieu en 1084. Le récit détaillé en fut écrit sans doute peu de temps après les événements par un moine disant se nommer Ebrelmus ou Ebretmus, qui se définissait comme « moine de Cluny » (Cluniacensis coenobii monachus) 3 . Cette œuvre remarquable avait été suspectée par plusieurs auteurs d’être une falsification moderne : nous nous sommes attachés en 2017 à démontrer son authenticité intégrale 4 . 1. « Le récit de la translation des reliques de saint Indalecio par le moine Ebretmus (BHL 4270). Édition critique et commentaire », Hagiographica, 24, 2017, p. 131-193. 2. AA. SS., Avril, I, Anvers 1675, 901 A. Tout le volume des Acta sanctorum est dû à Henskens et Papebroch. Translatio Isidori (BHL 4488), éd. José Carlos MARTÍN-IGLESIAS, dans Scripta Medii Aeui de uita Isidori Hispalensis episcopi, Turnhout, 2016 (CCCM 281), p. 3-10. 3. Les miracles semblent légèrement postérieurs à la vita. 4. Parmi les tenants de l’inauthenticité, José Ángel TAPIA GARRIDO, Historia general de Almería y su provincia. II. Almería musulmana. Hasta la conquista de Almería por Alfonso VII (711-1147 de J. C.), Almería, 1976, p. 286-295, et Javier PÉREZ-EMBID WAMBA, Hagiología y sociedad en la España medieval. Castilla y León (siglos XI-XIII), Huelva, 2002, p. 49-55 ; José Ignacio GÓMEZ ZORRAQUINO, « San Indalecio : un patrón de Aragón en ciernes », Hispania Sacra, t. 71, 2019, p. 221-232 (ne connaît pas le travail cité en note 1).