RELATIONS ENTRE LES COMPORTEMENTS SEXUELS ET LES ACCOUPLEMENTS CHEZ VIPE ASPIS : É TUDE EN MILIEU NATUREL Myriam VACHER-VALLAS, Xavier BONNET & Guy NAULLEAU * SUMMARY Because breeding frequency is one of the main life-history traits, it is of fundamental importance to identify reproductive and non-reproductive individuals in wild populations. However, most animal species exhibit secretive habits, and information must be extracted from fragmented behavioural sequences. A natural population of Asp Vipers (pera aspis) was studied to examine reproductive behaviours in the field. Mating were rarely recorded, but preliminaries dung courtship were more easy to observe. Courtship behaviour is closely associated with mating and reproductive status, and thus enabled us to identify mated females as weil as most of the reproductive (e.g. vitellogenic) females. ln males, such preliminaries, which are the main source of information on reproductive activity, showed strong individual variations between sexually-active and sexually-inactive adults. Long term monitoring suggested that severa) males can skip breeding opportunities in any particular year. These results may help to study reproductive strategies in secretive animais such as snakes. R É SUM É La fréquence de reproduction est un des paramètres clef pour l'étude des stratégies individuelles de reproduction. Il est donc fondamental de distinguer dans les populations naturelles, les individus qui s'engagent dans la reproduction de ceux qui s ' abstiennent. Toutefois, l'extrême discrétion de nombreuses espèces animales complique sérieusement cette tâche, particulièrement chez les mâles où les accouplements (généralement brefs et limités à de courtes périodes) représentent souvent leur unique participation à la reproduction. Les informations récoltées en conditions naturelles sont souvent fragmentaires : reflètent-elles des séquences comportementales plus complètes, incluant notamment les accouplements ? L'étude d'une population de Vipères aspics (era aspis) en milieu naturel, montre que si les accouplements ne sont que très rarement directement observés in situ, leurs préliminaires sont beaucoup plus accessibles. Ils permettent de différencier la majorité des femelles qui se sont accouplées, et qui sont reproductrices, de celles qui ne se reproduisent pas. Ils permettent aussi de classer les mâles sexuellement actifs par rapport aux inactifs (reproducteurs versus non-reproducteurs). Contrairement à ce qui est généralement admis, les mâles adultes ne se reproduisent pas chaque année. Ces résultats permettent de mieux comprendre les stratégies de reproduction d'animaux auss i discrets que les serpents. INTRODUCTION La survie de la majorité des espèces animales est liée à leur capacité à rester inaperçues pour échapper aux prédateurs eou pour capturer des proies (Lima & * CNRS, Centre d'Etude Biologique de Chizé (CEBC), 79360 Villiers-en-Bois, France. Rev. Ecol. (Terre Vie), vol. 54, 1999. 375