106 Base de données des faits archéologiques planimétriques Une base géographique pour le projet PARCEDES et la recherche archéologique en contexte opérationnel Pascal Vialet Inrap Pierre Séjalon Inrap, Umr 5140 « ASM » Magali Watteaux université Rennes 2, UR « Tempora » Simone Grosso département du Val-d’Oise, Umr 7041 « ArScAn » Les parcellaires agraires représentent une source historique extrêmement riche sur l’environnement et les paysages planimétriques anciens, sur la structuration passée des territoires et sur l’organisation socio- économique des sociétés. Nous entendons par « paysage planimétrique » l’ensemble des formes planimétriques qui résultent des interactions des sociétés avec les milieux géographiques au fil du temps en vue de les aménager :aménagements de voies, de parcelles, de limites physiques (fossés, murs, haies), de réseaux hydrauliques, développements d’îlots urbains et de réseaux d’habitat, actions de maîtrise de l’hydrographie ou des traits de côtes et rive, etc. Par ailleurs, cette problématique résonne avec certains enjeux contemporains concernant les espaces ruraux, dont celui de l’adaptation des territoires dans le contexte du changement climatique (Chouquer 2011). Ainsi, étudier la ruralité ancienne par le biais des parcellaires qui en organisent la dimension planimétrique, c’est contribuer à faire l’histoire de la variabilité spatiale et temporelle de l’emprise humaine sur les espaces et des manières selon lesquelles les sociétés ont composé avec les spécificités et contraintes des milieux géographiques. Ce faisant, c’est aussi montrer que ces parcellaires constituent une matière utile pour penser la durabilité des projets d’aménagement actuels des espaces ruraux, qu’ils représentent un type de patrimoine à raconter. Les opérations d’archéologie préventive ont beaucoup à apporter sur ce thème, car elles trouvent nombre de tronçons de fossés agraires et d’autres faits archéologiques planimétriques. C’est doncl’un des intérêts du programme PARCEDES que de contribuer à ce champ de recherche au carrefour de l’archéologie préventive et de l’archéogéographie, et même de redynamiser cette dernière. L’étude de ces parcellaires agraires n’est pas une nouveauté. En archéologie préventive, c’est surtout dans les années 1990 que cet objet de recherche a connu une période faste. Paradoxalement, alors que des renouvellements importants ont été opérés pour repenser l’histoire et l’évolution dynamique des parcellaires, en particulier au sein de l’école d’archéogéographie, l’archéologie préventive marque le pas, à de rares exceptions près, depuis le début des années 2000, privilégiant soit une approche de type atialiste, dans le sillage du programme Archaeomedes (Durand-Dastès et al. 1998), soit une approche paléoenvironnementale, les deux mettant plutôt l’accent, reeivement, sur le peuplement et les dynamiques environnementales. Enfin, ces dernières années, les recherches sur les parcellaires anciens en archéologie ont plutôt concerné les parcellaires sous forêt grâce au développement du LiDAR1(voir les travaux récents dans le cadre du programme Archaedyn ; Georges-Leroy et al. 2019). C’est ainsi que la masse des données archéologiques concernant les parcellaires mise au jour dansle cadre des opérations préventives reste encore largement sous-exploitée. Les archéologues mettent au jour, en particulier lors des diagnostics, une quantité considérable 1. Light Deteion And Ranging (déteion et télémétrie par la lumière).