BANGANGTE CREATION DE LA CHEFFERIE TRADITIONNELLE DE 3ème DEGRE DE TCHOUDIM Une Confusion de Compétence qui Humilie tout un Peuple Par Mbeu Tchouké Paul La fin de l’année 2024 au Cameroun a été marquée par une controverse largement médiatisée autour de la création d’une chefferie traditionnelle de 3 ème degré dans le village Tchoudim, Groupement Bangangté, département du Ndé, région de l’Ouest, Cameroun. Elle s’est poursuivie depuis le 31 mai 2025, après que les sceptiques ont suivi le Sous-préfet de l’Arrondissement Bangangté inviter S. M. Ndambeun Noumen Emmanuel, par ailleurs Menkam Djambia, à prendre le commandement. Cette controverse nait à la suite d’une désapprobation manifestée par le Roi des Bangangté se plaignant de n’avoir pas été associé à l’idée de création de cette nouvelle unité traditionnelle dans son territoire de commandement. Si tel est le cas, devons-nous comprendre que l’initiative de création d’une chefferie dans un groupement relève de la compétence de son Roi ou d’une compétence partagée avec le gouvernement de la République ? Si oui, quel est le sens que les partisans de cette pensée donnent au décret n o 77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles au Cameroun, et qui fait des chefs traditionnels des ”simples” auxiliaires de l’administration, salariés et donc soumis à la toute-puissance de la bureaucratie des administrateurs territoriaux ? Pour notre part, cette contestation est éminemment politique et plonge ses racines aussi bien dans l’histoire de Bangangté que dans celle des conflits multiformes à l’origine de la résurgence de la violence que le peuple Bangangté n’a plus connu depuis 1943. C’est ce que nous allons essayer de démontrer, après avoir rappelé à qui revient la compétence de la création d’une chefferie au Cameroun. CREATION DE CHEFFERIE AU CAMEROUN: COMPETENCE EXCLUSIVE OU PARTAGEE? Comprendre avant d’agir nous éloigne principalement du ridicule et élève d’un cran notre degré de respectabilité, disait un sage africain engagé dans la lutte de libération des peuples africains. Cette philosophie rime avec notre analyse selon laquelle ”comprendre et agir autrement est une attitude politique au bout de laquelle le ridicule nous accueille”. Elle est en rapport avec le sujet qui a tenu en haleine les Bangangté et continu de faire débat même dans les milieux religieux. Un sujet pourtant réglé par un décret d’origine colonial en date du 15 juillet 1977. Son contenu enseigne comment la bureaucratie administrative a littéralement le ”pouvoir de vie et de mort” sur les chefferies traditionnelles au Cameroun. Notre conclusion tient de ce qu’il est indiqué en son article 7 que ”les chefferies sont créées et classées par l’administration”. Cette précision évacue l’ombre d’une nécessité de consultation d’une quelconque entité traditionnelle. Dans sa démarche, ce décret classe les chefferies au Cameroun en 1 er ,