Pourquoi le conditionnel de reprise n'est pas un conditionnel d'éventualité lié à une proposition en si. Examen critique des propositions de Rossari (2009) Patrick Dendale* Université d’Anvers - GaP Jessica Van de Weerd Université d’Anvers - GaP Anne Vanderheyden Université d’Anvers - GaP RÉSUMÉ Dans cette contribution, nous jetons un regard critique sur un article de Rossari (2009), dans lequel l’auteure conteste au conditionnel dit « épistémique » aussi bien son statut de marqueur évidentiel que celui de marqueur de non-prise en charge, s’opposant ainsi aux principales hypothèses existantes. Nous présentons succinctement ses hypothèses synchroniques en les comparant avec celles des analyses antérieures. Puis, nous listons les difficultés qu’il y a à postuler, comme elle fait, que la valeur propre du conditionnel épistémique de reprise (CEr) consisterait à référer à un « cadre épistémique », qui prendrait la forme d’une protase en si, dont le contenu est formulé comme suit : si mes informations sont bonnes, si X dit la vérité, si X dit juste. Nous examinons ensuite le traitement diachronique proposé, censé apporter des arguments en faveur de la présence dans le CEr de cette protase-cadre et en faveur de l’hypothèse que le CEr ne serait qu’une sous-classe du conditionnel d’éventualité (ou « conditionnel hypothétique »). * Cette recherche a été rendue possible par un soutien financier du Fonds de Recherche de l’Université d’Anvers (BOF-UA 2023-2024, ID 49969) et un soutien financier accordé par le FWO (ID 49773 - K802823N), tous les deux dans le cadre d’un congé sabba- tique. Elle a bénéficié aussi du soutien du projet de recherche PID2020-113017GB-I00 « Énonciation et pragmatique historique du français », du Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, Espagne.