partir de 1902, l’identification acquiert en Italie un statut définitivement officiel au sein du ministère de l’Intérieur, déterminant ainsi une mutation profonde de l’institution policière. La structure créée alors à Rome, l’École de police scientifique (Scuola di polizia scientifica), est amenée à centraliser en quelques années l’ensemble des activités de fichage réalisées sur le territoire national. Placé sous le contrôle de la Direction générale de la sécurité publique (Direzione generale della pubblica sicurezza 1 ) et Naissance d’une science policière de l’identification en Italie (1902-1922) 167 DOSSIER Les Cahiers de la sécurité, 56, 1 er trimestre 2005, p.167-200 ) ( par Ilsen ABOUT À Le système d’identification institué en Italie au tout début du XX e siècle est très fortement influencé par celui mis en place par Alphonse Bertillon en France dans les années 1880-1890. L’impératif de contrôle et surveillance des subversifs politiques sous-tend presque toute l’activité de fichage dans ce pays. La multiplication des applications de l’anthropologie criminelle, courant alors prédominant dans le domaine judiciaire transalpin, favorise la création d’une police d’identification au sein de l’École de police scientifique de Rome. S’intéressant à ses origines, cet article insiste sur l’originalité du modèle italien de fichage dont la théorie et les pratiques s’orientent vers une identification globale, biologique et typologique des délinquants. Il interroge aussi le devenir de ce champ policier durant l’avènement du fascisme et ses liens avec une conception totalitaire de la nation. (1) Désormais PS.