JACQUES ÉLIE BROCHIER* Sédimentations lien,avec l'état ducouvett.'végétal? Les dépôts de grotte et d'abris-sous-roche de la région méditerranéenne (qui donnent une information locale) comme les dépôts alluviaux (qui donnent une information régionale) montrent, l'existence, pendant l'Atlantique, de puissants épisodes érosifs que ne sont pas liés aux activités agro-pastorales. La première de ces crises séculaires est d'âge Néolithique ancien (4650 à 4050 BC non calibé), la seconde se pro- duit pendant le Néolithique moyen (3700 à 3100 BC). Elles se développent dans un paysage végétal encore peu modifié par les nouvelles activités agricoles. Un modèle, qui prend en compte le fait anthropique et le fait climatique, est proposé pour résoudre cette situation en apparence paradoxale. Mots clés: Holocène. Géoarchéologie. Processus érosifs. Méditerranéenne occidentale. INTRODUCTION Grottes, abris-sous-roche et stratigraphies de plein air éclairent, chacun à leur façon, J'évolution des paysages par- courus et des terres exploitées par les premiers agriculteurs. Pour le géoarchéologue, la description des activités, à travers leurs traces sédimentaires conservées dans les lieux habi- tés, associée à la mise en évidence des traces de J'érosion des formations superficielles, aurait pu permettre de suivre une évolution générale linéaire «logique» des paysàges depuis les formations climaciques jusqu'aux garrigues les plus dégra- dées. Il se trouve que le lien entre les processus sédimentaires, les activités préhistoriques et la nature des formations végé- tales est loin d'être aussi simple. On montrera, à partir de quelques exemples, qu'i! semble bien y avoir, au contraire, une certaine indépendance entre vé- gétation et sédimentation, entre activité et processus érosifs. DANS LES GROTTES ET LES ABRIS Ce sont des lieux souvent occupés de façon récurren- te. Les processus sédimentaires, anthropiques et/ou détri- tiques, sont à J'origine de séquences épaisses très favorables à la conservation des restes et à la datation des événements observés. Les approches naturalistes y sont particulièrement riches. Elles permettent de croiser, moyennant certaines pré- cautions, de nombreusès données et d'aboutir à des re- constructions environnementales fiables. Dans ces sites, la perception des caractéristiques de l'environnement est une perception en auréole; certains témoins ont une significa- tion stationnelle, d'autres locale, d'autres, enfin, régionale... Le signal analysé par le géoarchéologue, comme celui qui l'est par le malacologue, est stationne!. La mise en parallè- le de nombreuses séquences permet cependant de dépas- ser ce cadre limité. * UMR 6569 CNRS. Laboratoire de Paléontologie humaine et de Préhistoire. Faculté des Sciences, Centre St Charles. 13331 Marseille Cedex 3. E-mail: brochier@newsup.univ-mrs.fr liS