FERNANDO SANTORO ENTRE NEREIDES ET SIRENES : PARMENIDE ET LES CATALOGUES D’HOMERE Les facultés de définir, de déduire, d’induire, sont généralement considérées comme immédiatement données dans la constitution de l’entendement individuel. [...] on ne songeait même pas qu’elles aient pu se former par un pénible assemblage d’éléments empruntés aux sources les plus différentes, les plus étrangères à la logique, et laborieusement organisés. M. Mauss, De quelques formes primitives de classification (1903) La discussion à propos du sens des catégories philosophiques est, depuis Aristote, un lieu récurrent de la problématisation de la connaissance, voire aussi de la constitution du langage et de la nature humaine elle-même. Les catégories ordonnent et classifient les mondes selon certains ordres qui requièrent réflexion quant à leur condition ontologique, quant à leurs origines (l’histoire naturelle et culturelle), quand aux valeurs qu’ils mettent en jeu (l’éthique et la politique), quant à leur effectivité (la poétique et la rhétorique) etc. Ce qui nous intéresse à présent est la façon dont les catégories philosophiques ou scientifiques, les catégories de connaissance, les catégories qui ont rapport à un discours à prétention de vérité, sont produites dans le langage et dans les langues occidentales. Une hypothèse de départ, à utiliser comme axiome de recherche, est que le discours philosophique et scientifique que nous utilisons puise ses formes sémantiques, syntatiques et herméneutiques dans des usages langagiers, dans certaines pragmatiques qui ont des rapports expressifs avec la vérité – et qui se rencontrent parmi plusieurs genres littéraires dans les conditions les plus diverses : festives, religieuses, politiques,