1049 LE JARDIN-A LA RECHERCHE DE L’EQUILIBRE PERDU Elena PETREA U.S.A.M.V. Iasi Image de la recherche du paradis perdu, le jardin a connu des transformations qui reflètent l’évolution de la pensée humaine. De l’espace clos des châteaux-forts du Moyen Age, où le rôle des jardins était strictement utilitaire, on passe ensuite à la réalisation de jardins à finalité esthétique. Notre communication essaie de mettre en évidence le lien étroit qui existe depuis toujours entre le mode d’organisation du jardin- du jardin français en particulier-et les changements dans la mentalité et la pensée de l’homme. Un véritable style est né ainsi, celui des jardins “à la française”, inscrit dans l’éternité par Le Nôtre et les Jardins de Versailles. En prenant conscience de sa condition éphémère, l’homme essaie par son invention-le jardin-d’intervenir dans la nature éternelle et de gagner, de la sorte, son immortalité. Ethymologiquement, jardin , que cela soit en hébreu (pardes-clôture, enclos), en grec (chartos - palissade ), en latin (hortus - jardin), évoque un espace limité et protégé. La construction des jardins devait répondre au désir humain de s’approcher le paradis ou bien suggère la nostalgie du paradis perdu et la tentative de re-contruire l’univers primordial. A travers l’histoire et la géographie, le jardin terrestre a toujours évoqué le jardin de l’Eden. On a beaucoup écrit sur cet art-car on doit parler d’un art des jardins au sens propre du terme. Le point de vue évoqué plus haut, selon lequel le jardin humain renvoie au paradis originel, a connu des nuances et des enrichissements. Nous pouvons alors penser à un certain orgueil de l’individu, à une forme de manifestation de sa révolte contre la Divinité toute-puissante qui a chassé sa création de l’Eden lorsque celle-ci a osé connaître / comprendre qui elle était. Il s’agit peut-être d’une façon d’exprimer sa soif de liberté, qu’on n’ose pas pousser jusqu’à ses limites, puisqu’on se soumet à des règles; il manque à l’homme le courage, l’audace d’affirmer pleinement son esprit d’indépendance. L’homme veut prouver, à lui-même et au Créateur, que sa création n’est pas parfaite, qu’il peut intervenir et modifier ce qui a été donné aux débuts. L’incessante aspiration vers l’idéal transparaît dans cet acte de changement de l’ordre du monde. Il faut pourtant admettre que le jardin est un espace limité à des formes et des dimensions préétablies, c’est donc une sorte de prison tout à fait à part. Serait-ce une trace que le subconscient humain a gardée du sort d’Icare ? Du châtiment infligé à celui-ci pour avoir tenté de dépasser ses