8. LES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP DANS LES MANUELS SCOLAIRES Anne-Lorraine Wagner, Pascal Tisserant, Sandrine Schoenenberger et Sabrina Sinigaglia-Amadio Après un bref rappel d’éléments théoriques permettant de préciser la notion de handicap et les représentations qui lui sont associées, nous présenterons les résultats issus des entretiens, questionnaires ainsi que de l’analyse experte. 8.1. LA NOTION DE HANDICAP Le terme de handicap est un anglicisme. Il s’agit de la contraction de “Hand in the cap” (la main dans le chapeau (ou dans la casquette)). Le handicap désigne alors un jeu de chance dont le principe est, pour deux participants, d’échanger chacun un objet leur appartenant. Un arbitre est ensuite chargé d’estimer la différence de valeur entre ces deux objets. Le montant ainsi évalué est placé dans le chapeau. En 1754, le terme est appliqué à la compétition hippique. D’après Hamonet (1990) se référant au Robert de 1984, le glissement se fait par le biais du rôle de l’arbitre qui, après avoir jugé de la valeur de deux objets, juge de celle de deux chevaux. Le terme traverse ensuite la Manche en 1827. A cette date, il caractérise une course entre chevaux aux performances inégales, dont les chances de remporter la victoire sont équilibrées par l’obligation, pour les chevaux les plus rapides de porter des poids plus lourds que leurs adversaires. Le concept est ensuite adopté dans d’autres disciplines telles que le cyclisme, le tennis, le polo, le nautisme ou encore le golf et sera employé pour classer les joueurs selon leurs performances. Ce nouveau glissement entre l’aptitude des chevaux et les caractéristiques humaines apparaît difficile à situer dans le temps mais serait intervenu après 1906. Hamonet situe, enfin, la première apparition du terme de “handicap physique” dans le Robert de 1940. 8.2. ASPECTS LÉGISLATIFS Différents événements ont mené, selon Sticker (1982) au dispositif législatif et à la prise en charge sociale du handicap que l’on connaît aujourd’hui : la fin du XIXème siècle et le développement de l’industrie soulève d’abord la question de la responsabilité sociale, vis-à-vis des personnes victimes d’accidents du travail. Par la suite, les conséquences humaines dramatiques de la première Guerre Mondiale générera une “culpabilité collective” qui, associée à un “impératif économique”, 138