Préhistoire ct Protohistoire cn Champagne-Ardenne, numéro spécial, 1980_ L'enceinte néolithique de Compiègne (Oise] .. (Note préliminaire] par Christophe TOUPET * 1. INTRODUCTION Décidée en accord avec M. Roger Agache, Directeur Régional des Antiquités Préhistoriques, à la suite de découvertes fortuites dues aux travaux d'extension de la nouvelle zone industrielle de Compiègne et signalées par M. JacqueI, notre intervention devait se limiter à la fouille de sauvetage des restes d'une couche supposée du Bronze ancien. Mais il ne restait plus grand chose après le passage des bulldozers. Cependant, en poussant nos investi- gations, nous avons trouvé les traces d'une enceinte néolithique d'un type nouveau. Il s'agissait alors de cerner cette structure : l'essentiel de la fouille fut orienté sur l'étude des coupes effectuées tout le long de cette enceinte, afin d'obtenir le maximum de renseignements sur les modes de construction et de destruction de ses différents éléments. Les travaux de la zone industrielle ont considé- rablement gêné nos recherches malgré la bienveil- lance de nombreuses personnes. Il a fallu concéder une grande partie des destructions de cette enceinte pour pouvoir approfondir l'étude des coupes. Nous avons pu obtenir de la municipalité le prêt d'une pelle mécanique pendant deux jours. afin de repérer la forme générale de l'enceinte. Notre fouille a été menée par un très petit nombre de fouilleurs, Etienne Mantel et moi-même, (tous deux alors vacataires à la Direction des Antiquités Préhistoriques de Picardie), aidés de manière épisodique par des bénévoles (1). Nous avons travaillé essentiellement pendant les mois du prin- temps 1978. Le sauvetage s'est poursuivi au début de (!) Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont participé aux fouilles : Jean-Louis Bouru. Alain Braems, Jean-Pierre Cadinot, Nicole Caudron, Joëlle Chalavoux, Alain et André Dccormcillc. Brigitte et Fabienne Dewaele, Eric Jolivet, Mariannick Lebolloch. Jean et Monique Lemoine, Frédérique Lettcrlé, Philippe Marquis. Patrice Meniel. Nicole Prioul. Marie-Hélène Touzalin, Alain Tabbagh. Philippe Wattincourt, Jean-Hervé Yvincc et Emile Chaboulard. * Service départemental d'archéologie. du Val d'Oise. Cité administrative. rue du Général Schmitz· 95300 Pontoise. l'été 1978 et a été repris courant septembre, puis en novembre 1978. II. SITUATION GEOGRAPHIQUE Le site, lieu-dit Le Coq Galleux, se trouve immédiatement au sud de la ville nouvelle de Compiègne, en bordure de la rive gauche de l'Oise, face au village de Jaux (voir plan, fig. 1). A l'est, à quelques centaines de mètres, s'étend la forêt de Compiègne; au sud, la plaine de Mercières, encore entièrement en cultures, est directement menacée par l'extension de la zone industrielle. Des sites repérés anciennement et récemment feront, nous l'espérons, l'objet de fouilles avant leur destruction totale. La rive droite de l'Oise est surmontée par quelques buttes tertiaires. en particulier la butte du "Mont d'Huette", à Jonquières, dont nous reparlerons. m. CONTEXTE GEOLOGIQUE Les vestiges du "Coq Galleux" reposent sur la très basse terrasse de la 'rive gauche de l'Oise, à proximité de la rive actuelle. La nappe alluviale étant très proche, seules les couches affleurant au-dessus du niveau ont pu être identifiées. Les ultimes dépôts alluviaux (limons, sables et limons entrecroisés), peu épais et fins, dont la limite se trouve en retrait par rapport à la rive actuelle, ont été recouverts d'alluvions contemporaines portant un sol noir riche en argiles gonflantes. Vers la rive, s'épaissit une argile gris-blanc hydromorphe, surmontée d'un même sol noir plus épais. On passe imperceptiblement des niveaux anciens aux niveaux récents hydromorphes. Les Néolithiques se sont installés sur les niveaux proches de la rivière ; leurs installations, non recoupées par les berges, font penser que la fixation de la rive est plus ancienne. Ces vestiges datent ainsi l'argile hydromorphe (2). (2) L'étude géologique est en cours par Mme Annie Jouve. 9S