– 123 – CHAPITRE III L'ORGANISATION DES ARMEES Le processus de la levée occupe une place centrale dans la constitution des grandes formations militaires car elles ont une existence ponctuelle. Leurs réformes intervient en effet une fois la menace extérieure écartée ou l'expédition militaire réalisée 1 . On peut cependant imaginer ces armées comme des structures stables mises à l'état de veille lorsqu'il n'y a pas urgence et «remplies» pour utiliser la terminologie des textes, en cas de besoin. Une étape importante de la constitution de l'armée est réalisée au point de rassemblement des contingents ayant répondu à l'appel aux armes. De leur imbrication au sein d'une structure plus large émerge la chaîne de commandement qui permet d'assurer une cohésion d'ensemble. Ce chapitre est en partie consacré à l'analyse de ce processus. Outre la qualité de l'encadrement, la capacité combative des troupes a largement été fonction du niveau de satisfaction de leurs besoins matériels. La gestion des problèmes d'intendance sera traitée en seconde partie de ce chapitre 2 . A. LE MECANISME DE LA LEVEE La convocation des contingents était réalisée par la voix du héraut (nâgirum) 3 . Cette fonction dévolue au héraut est illustrée par un passage d'une lettre expédiée par les 1 Il a déjà été question de ce processus au Chap I A.4 p. 43 à propos de l'analyse du terme pâerum. 2 Pour la question du logement des troupes cf. Chap II où les informations livrées par la documentation de Mari ont été rassemblées dans le traitement de l'accueil des troupes alliées. On rapellera simplement que le camp de l'armée en campagne est désigné par le terme rubum «la couche», camp partagé également par les troupes alliées. Le cantonnement des troupes aux abords des villes pouvait se faire soit à l'intérieur dans les maisons d'hôtes si elles n'étaient pas trop nombreuses. Dans le cas contraire elles étaient cantonnées à l'extérieur (kîdum). 3 Il agit parfois en collaboration avec l'officier3laputtûm cf. ARM XIV 48 cité au Chap. I C.1. p. 68. Pour le nâgirum, voir l'étude récente de L. Sassmannshausen, «Funktion und Stellung der Herolde (Nigir / Någirum) im alten Orient», Baghd. Mitt. 26, 1995, p. 132; p. 137 et p. 149.