Elisabeth Roudinesco, L’Infini, 51, Automne 1995. Georges Mauco (1899-1988) : un psychanalyste au service de Vichy. De l’antisémitisme à la psychopédagogie. 1 - JEUNESSE PARISIENNE Si Georges Mauco reste peu connu dans l’histoire du mouvement psychanalytique français, il y joua néanmoins un rôle important qui mérite aujourd’hui d’être éclairé. Psychanalyste, pédagogue et démographe, il se fit remarquer en 1932 par une thèse sur les problèmes de l’immigration (1). Pendant l’Occupation il participa aux travaux de la revue L’Ethnie française dirigée par Georges Montandon et à la Libération, masquant son passé d’adepte du racisme et de l’antisémitisme, il réussit à se faire nommer par le général de Gaulle secrétaire du Haut comité de la population et de la famille, ce qui lui permit à la fois de poursuivre ses activités de démographe et de créer les premiers centres français de psychopédagogie d’inspiration freudienne, destinés à la réintégration des enfants atteints de troubles scolaires. Par son action, il fut ainsi parfaitement intégré au mouvement freudien français comme membre de la Société française de psychanalyse (SFP), entre 1953 et 1963, puis de l’Association psychanalytique de France (APF) jusqu’à sa mort. Georges Mauco fut le seul psychanalyste français à avoir eu des activités collaborationnistes. Non seulement il rédigea des textes d’inspiration nazie, mais il témoigna contre le “danger juif” en août 1941 devant la Cour