[RA 99-2005] 57 Revue d'Assyriologie, volume XCIX (2005), p. 57-76 L'INSIGNE DE POUVOIR ET LE SCEAU DU GRAND VIZIR SÍN-AH-UÁUR 1 (LES SYMBOLES PERSONNELS D'UN HAUT-DIGNITAIRE DE SARGON II) PAR Zoltán NIEDERREITER Dans les recherches récentes, les lettres et les textes administratifs ont été de plus en plus sollicités pour étudier l'ensemble des problèmes concernant les dignitaires de la Cour de Sargon II. Le présent article porte en premier lieu sur deux objets et essaye de présenter un nouvel aspect de l'un des personnages les plus éminents du règne de Sargon II. Il s'agit d'un insigne de pouvoir portant deux inscriptions et deux figures symboliques, et d'un sceau avec les mêmes figures en position centrale, qui font l'objet de l'interprétation qui suit. A côté des textes, les sources archéologiques et iconographiques sont au centre de mon intérêt pour Sîn-ah-uΩur, dont le nom n'était jusqu'à présent connu que par la lettre au dieu Assur et une inscription de seuil. 2 Ce sont les inscriptions inédites et les figures gravées d'une masse d'armes à têtes de lions (AO 21368) qui ont permis d'identifier sans ambiguïté le grand vizir de Sargon II et d'élargir nos connaissances concernant ce haut dignitaire de la Cour. En effet, les inscrip- tions et les figures de cet objet (AO 21368) permettent non seulement de lui attribuer l'in- signe de pouvoir, mais aussi le sceau (ND 806 et 809) et deux symboles iconographiques personnels. A mon avis, ces deux figures désignant Sîn-ah-uΩur sont à mettre en parallèle avec les célèbres signes symboliques de Sargon II. Cependant, la différence essentielle est dans ce cas que ce n'est pas le roi qui a utilisé ces symboles, mais bien Sîn-ah-uΩur qui était tout à la fois son frère, le grand vizir et le commandant de la garde royale. UNE MASSE D'ARMES DÉCORÉE DE QUATRE TÊTES DE LION PORTANT DEUX INSCRIPTIONS (AO 21368) «A l'un des angles de la chambre 18 étaient entassés cinquante-quatre casse-têtes en bronze. Cette dé- couverte présente de l'intérêt, car l'arme dont il est question est souvent figurée sur les sculptures; mais, en admettant que la forme en fût exactement rendue par le dessin, nous étions moins bien renseignés sur sa di- mension, son poids, et même sur le métal dont elle était fabriquée, questions si importantes pour une arme de guerre.∞ PLACE 1867-70, I. 65. 1.Je remercie Mme Annie Caubet et Mme Béatrice André-Salvini (Département des Antiquités Orientales du Musée du Louvre) ainsi que le Dr. John Curtis et le Dr. Christopher Walker (Department of the Ancient Near East at the British Museum) qui m'ont autorisé respectivement à publier AO 21368 et BM 1994- 11-5, 64 (ND 809). Les dessins présentés dans cet article de ces objets – fig. 1: AO 21368 et fig. 4: BM 1994- 11-5, 64 (ND 809) – sont les miens. Je remercie vivement mon professeur M. Francis Joannès (Paris VIII) pour ses conseils et ses corrections concernant l'élaboration du texte final. En outre, je tiens à remercier le Dr. Tamás Dezsö (ELTE Budapest) qui m'a fait connaître les sources néo-assyriennes et leur méthode de recherche. 2.BAKER – MATTILA 2002, 1128: «Sºn-a⁄u-uΩur no. 1∞.