Les ententes multipolaires de l’Iran Aspects russe et asiatiques de la politique étrangère de Téhéran Par Thierry Kellner et Clément Therme Thierry Kellner, docteur en relations internationales de l’Institut universitaire de hautes études internationales (IUHEI) de Genève, est chercheur associé au Brussels Institute of Contemporary China Studies (BICCS) et enseigne à l’Université libre de Bruxelles. Clément Therme, doctorant à l’École des hautes études en sciences sociales et à l’Institut universitaire de hautes études internationales (IUHEI) de Genève, est assistant de recherche au centre Moyen-Orient/Maghreb (MOM) de l’Ifri. Les responsables iraniens tentent de tirer profit de l’émergence d’un monde multipolaire et de sortir d’un isolement imposé. Ils développent leurs relations avec Moscou, partenaire d’importance, ainsi qu’avec des pays asiatiques comme la Malaisie, ou l’Indonésie. Les échanges se développent aussi avec l’Inde, mais surtout avec la Chine, partenaire commercial majeur, en dépit des distances que Pékin entend affirmer vis-à-vis de la politique nucléaire de Téhéran. politique étrangère S’efforçant de profiter de l’émergence d’un monde multipolaire 1 pour limiter les effets de sa relation d’hostilité avec les États-Unis, l’Iran a essayé depuis plusieurs années de développer et de renforcer ses relations avec la Russie et les pays asiatiques. La montée en puissance de l’Asie sur la scène internationale conforte cette orientation de la politique extérieure iranienne. Dans les années 1980, alors que le slogan « ni Ouest, ni Est » qualifie officiellement sa politique extérieure, Téhéran développe des liens avec certains pays asiatiques dans les domaines économiques et pétrolier (Japon, Corée du Sud ou Taiwan) mais aussi de l’armement (Chine, Corée du Nord). À la même période, par l’approfondissement de ses relations existant avec certains pays asiatiques, la République islamique renoue avec ses voisins bordant l’océan Indien : l’Inde, et dans une moindre mesure, le 1. Th. de Montbrial, « Perspectives », in Th. De Montbrial et Ph. Moreau Defarges (dir.), RAMSES 2008, Paris, Ifri, 2007, p. 9-13. REPÈRES politique étrangère | 4:2007 875