Working paper 1 Lucile Maertens* (Sciences Po Paris‑CERI / University of Geneva / IRSEM) Etudier les organisations internationales : de la pertinence de lʹobservation participante Le cas de la sécurisation de lʹenvironnement au sein de l’ONU Résumé : Les organisations internationales (OI) constituent un objet dʹétude classique en Relations internationales. Pourtant, si le statut de ces dernières – instruments aux mains des Etats, acteurs à part entière sur la scène internationale, institutions bénéficiant dʹune relative autonomie – fait lʹobjet de nombreux débats, les méthodes de recherche employées pour les analyser ne sont que rarement discutées. Quoique longtemps négligée en Science politique, lʹenquête ethnographique est de plus en plus utilisée, en particulier dans lʹétude des mobilisations. Toutefois, si les vertus de lʹobservation participante – dans lʹanalyse des mouvements sociaux par exemple – sont largement reconnues, cette approche reste relativement marginale en Relations internationales, et notamment dans lʹétude des OI. En effet, les études actuelles portant sur le multilatéralisme font bien souvent lʹéconomie dʹune analyse microsociologique ou même dʹune observation interne du fonctionnement des organisations. Ce papier s’interroge sur la pertinence de lʹobservation participante comme protocole dʹenquête pour analyser les OI. Après un bref aperçu de l’état des recherches portant sur les OI et un historique de la place de l’approche ethnographique en Science politique, il montre les divers profits de l’approche ethnographique, en Science politique, en Relations internationales et tout particulièrement pour étudier les organisations internationales. Il expose enfin les principales étapes de la pratique de l’observation participante avant d’évoquer son application dans le cadre d’une recherche portant sur le processus de sécurisation de lʹenvironnement au sein de lʹOrganisation des Nations Unies. A l’aune de ce cas empirique précis, cette communication vise à dévoiler les nombreux bénéfices d’une approche ethnographique. Mots clés : Environnement, ethnographie, organisation internationale, ONU, observation participante, sécurisation Remerciements : Je souhaiterais remercier chaleureusement Jonathn Miaz, Xavier Guillaume et Géraldine Pflieger pour leurs relectures et commentaires extrêmement pertinents. J’aimerais également remercier les participants de la section « Relations Internationales » du Congrès annuel de l’Association Suisse de Science Politique (ASSP) qui s’est tenu à Lucerne en février 2012 pour leurs remarques constructives portant sur une première version de ce texte. *Doctorante à Sciences Po Paris et à l’université de Genève, allocataire du ministère de la Défense, rattachée au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) et à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM). Lucile.maertens@gmail.com 1 Ce papier a été présenté, en anglais, lors du 22 ème Congrès de l’Association Internationale de Science Politique (AISP) à Madrid, session « International Relations », panel « International organization: A discipline of its own? The study of IOs’ agents ».