SFECAG, Actes du Congrès de Bayeu x. 2002. Emmanuel PELLEGRIN0 1 LES CÉRAMIQUES DU MONTET (Gourdon, Alpes-Maritimes). Un ensemble caractéristique de l'extrémité orientale de la Narbonnaise antique, ne S. av. J.-c.-ve S. apr. J.-C. INTRODUCTION Le Montet est un village établi sur le versant sud d'une colline de l'arrière-pays grassois, sur la com- mune de Gourdon. Il a fait l'objet d'une fouille pro- grammée de trois ans, entre 1993 et 1995, dirigée par Luc Buchet (Cepam-Cnrs). L.:aspect stratigraphique a été publié (Buchet 2001 ). Le mobilier a été évoqué dans plusieurs publications (Pellegrino 1998, 2000, 2001 a, 2001 c) mais n'a pas été traité dans son en- semble. Son intérêt réside dans la présence d'une importante collection de céramiques communes datées du 11e s. apr. J.-C. On trouve aussi de petites quantités de cérami ques des 11e-1er s. av. J.-C. et de !'Antiquité tardive. Ces der- nières ont permis de relancer la réflexion sur les céra- miques tardives provençales. On commencera donc par présenter le site avant de présenter le mobilier. On insistera surtout sur les aspects typologiques. 1. LE SITE Le site du Montet se trouve sur le versant sud d'une colline de l'arrière-pays grassois, sous un petit plateau cultivable arrosé par un ruisseau, à 1166 m d'altitude. Il s'agit d'un habitat aggloméré en terrasses. Sa su- perficie est de 5000 m 2 . Au sommet est située une structure circulaire en gros blocs qui est probablement un parc à bestiaux. Cette structure, comme l'enceinte et les habitations, est construite en pierres sèches. Un axe de circulation nord-sud traversant les terrasses structure l'agglomération. li est implanté à la croisée de deux chemins cadastrés. Les opérations ont porté sur quatre zones qui ne re- présentent que 5 % de la superficie du site : CEPAM du CNRS et de l'UNSA. - l'axe de circulation (zone 2), - la zone 3, importante terrasse aménagée d'habitats, au centre de l'agglomération, - la zone 4, au niveau le plus bas du site, autour d'un grenier ou d'un silo maçonné daté du 11e s. apr. J.-C. et d'un four à chaux installé postérieurement à l'abandon du site, - la zone 5, terrasse sensiblement identi que à la zone 3 au sommet du site. Les données chronolog iques fournies par les mobi- liers céramique et numismatique concordent et se complètent. Le site se met en pl ace dans le courant du 11 e s. av. J.-C. , sans qu'il soit possible de préciser cette datation du fait de l'absence d'une st ratigrap hi e, sur ce sol pau vre en sédiment s où la roch e affl eu re partout et du fait des remaniements des époques postérieures. Les derniers témoins de cette premi ère période d'oc- cupati on datent du changement d'ère ou peu après. Une lacune des séries monétaires (Salicis 1998) et cé- rami ques est constatée entre le début et la fin du 1er s. apr. J.-C., ce qui semble in diquer l'abandon du site ou des secteurs fouill és . Au contraire, les céramiques et les monnaies du 11 e s. apr. J.-C. sont nombreuses et constituent la majorité de l'ensemble. Cette seconde et principale occupation paraît se terminer entre la fin du 11e et le début du 111e s. Au-delà de cette période, on n'a apparemment affaire qu'à des réoccupations sporadi- ques. Dans la zone 5, une maison est sommairement restaurée entre la fin du IVe S. et le début du Ve S. Il peut s'agir là d' un habitat temporaire. Au XVIIe s. 2 , enfin, des chaufourniers s'installent sur le site et procèdent au démontage systématique des murs encore en élévation pour alimenter le four à chaux qu'ils établissent au plus bas de l'agglomé- ration. 2 Cette datation a été déterminée par des mesure au carbone 14 sur des charbons de bois. 357