POLYCOPIE La Rhétorique du Đoŵďat ou l’exeƌĐiĐe de la poléŵiƋue Violence et persuasion dans le discours De Gaulle et l’ad hominem : désigŶatioŶ de l’eŶŶeŵi (ϭ94Ϭ-1942) 24 juin 2008 Thierry Herman Thierry.Herman@unine.ch Université de Neuchâtel Corpus : 18 juin 1940 : « Les chefs, qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement » 22 juin 1940 : « Le Gouvernement français, après avoir demandé l'armistice, connaît maintenant les conditions dictées par l'ennemi ». 24 juin 1940 : « Elle sait, elle sent, qu'elle vaut beaucoup mieux que la servitude acceptée par le Gouvernement de Bordeaux. » 26 juin 1940 : Monsieur le Maréchal, par les ondes, au-dessus de la ŵeƌ, Đ’est uŶ soldat fƌaŶçais qui va vous parler. Hieƌ, j’ai eŶteŶdu votƌe voidž Ƌue je ĐoŶŶais ďieŶ et, ŶoŶ saŶs ĠŵotioŶ, j’ai ĠĐoutĠ Đe Ƌue vous disiez aux Français pour justifier ce que vous avez fait. ΀…΁ Si la FƌaŶĐe Ŷ’avait pas Đette foƌĐe ŵĠĐaŶiƋue, si elle s’Ġtait doŶŶĠe uŶe aƌŵĠe puƌeŵeŶt défensive, une armée de position, à qui la faute, Monsieur le Maréchal ? Vous qui avez présidé à notre organisation militaire après la guerre de 1914-1918, vous qui fûtes généralissiŵe jusƋu’eŶ ϭ9ϯϮ, vous Ƌui fûtes ŵiŶistƌe de la Gueƌƌe eŶ ϭ9ϯ5, vous Ƌui étiez la plus haute personnalité militaire de notre pays, avez-vous jamais soutenu, demandé, exigé la réforme indispensable à ce système militaire mauvais ? Cependant, vous appuyaŶt suƌ les gloƌieudž seƌviĐes Ƌue vous avez ƌeŶdus peŶdaŶt l’autƌe gueƌƌe, vous avez ƌeveŶdiƋuĠ la ƌespoŶsaďilitĠ de deŵaŶdeƌ l’aƌŵistiĐe à l’eŶŶeŵi. On vous a fait croire, Monsieur le Maréchal, que cet armistice, demandé à des soldats par le grand soldat que vous êtes, serait honorable pour la France. Je pense que maintenant vous ġtes fidžĠ. ΀…΁Ah! pouƌ oďteŶiƌ et pouƌ aĐĐepteƌ uŶ paƌeil aĐte d’asseƌvisseŵeŶt, oŶ Ŷ’avait pas ďesoiŶ de vous, MoŶsieuƌ le MaƌĠĐhal, oŶ Ŷ’avait pas ďesoiŶ du vaiŶƋueuƌ de VeƌduŶ ; Ŷ’iŵpoƌte Ƌui auƌait suffi. ΀…΁ 2 juillet 1940 : « Le gouvernement qui fut à Bordeaux » 8 juillet 1940 : « Les Français dignes de ce nom ne peuvent méconnaître que la défaite anglaise scellerait pour toujours leur asservissement » 13 juillet 1940 : « Prétendre que la France puisse être et demeurer la France sous la botte d'Hitler et le sabot de Mussolini, c'est de la sénilité ou de la trahison. Et c'est encore de la sénilité ou bien de la trahison que de prétendre que la guerre est une entreprise désespérée. » Juillet 1940 :