La négation et l’exhaltation des sertanistas de São Paulo dans les discours des pères Pierre-François-Xavier de Charlevoix, D. José Vaissette et Gaspar da Madre de Deus (1756-1774) Michel Kobelinski[1] RÉSUMÉ: L'article traite des narratives des pères Pierre-François-Xavier de Charlevoix, D. José Vaisseste et de Gaspar da Madre de Deus construits pour les bandeirantes paulistasentre 1756 et 1774. On cherche à comprendre comment ces constructions discursives exhaltaient ou niaiente les actions sertanistas a partis des sensibilités opposées, l'ufanisme et le ressentiment. Mots clés: Histoire et Sensibilités. Histoire du Brésil – Colonie. Ufanisme et Ressentiment. 1 Introdution En général, dans les dictionnaires contemporains, le terme ambivalence se-réfère à l’état dans lequel sont experimentés simultanément, dans des circonstances données, des sentiments antagoniques. Et sensibilité est comprise comme étant la capacité humaine de sentir ou d’avoir des sentiments, admettant les aspects psychiques, philosophiques, littéraires, physiques et chimiques, etc.[2] La nature du vocable sensibilité dans la culture portugaise du début XVIIIème siècle est vraiment intéressante et profonde. Elle avait comme signification la predisposition des sens humains aux impressions des objets ou des choses qui pouvaient donner du “goût ou de la peine”. Avec le sens très proche de sentiment, le terme était associé à la “délicatesse”, à la susceptibilité, à la “douleur, au travail, ou à l’indolence”. On considérait également l’ extrêmisme concernant les “délices” de la vie, et le sentimentalisme face à des “châtiments” sévères. Mais ce qui attire notre atention est le fait de faire allusion à la stratification sociale de l’Ancien Régime et à un type de comportement différentié, car il admettait que la sensibilité “pourrait” exister dans le coeur de nobles et d’aristocrates “dans des matières concernant l’honneur, la gloire”. [3] Je comprends que ces attitudes ont été cruciales pour le déclenchement de sensibilités plurielles et pour cette raison j’ai décidé de les enquêter dans les discours franco-portugais du XVIIIème siècle qui avaient comme épicentre les actions des sertanistas de São Paulo. Les expressions ufanisme et ressentiment présentent des imprécisions et sont imbriquées dans les liens de la culture et de l’histoire brésilienne et européenne. On voit, par exemple, que les termes ufania et ufano expriment le sens de superiorité, ostentation et fierté, en d’autres termes, ils étaient des expressions spécifiques de ces comportements ayant trait aux pouvoirs qu’un groupe ou qu’une personne avait par rapport aux autres, résultant dans une forme d’orgueil et de plaisir. Cette forme de sentiment également apportait de l’Antiquité le titre de héros (de l’hebreu hir, courageux) seulement aux “hommes illustres”, soit par le sang, soit par les vertus. [4] De la sorte, dans cette ambience sociale la sensibilité s’établissait sur le distancement entre les “illustres” et les hommes communs ou sans vertus. La racine du terme “ufano” est lointaine et probablement vient de la langue espagnole. Le mot signifie “se vanter de soi ou de ce dont on dispose”, s’associant à la vantardise et à la suffisance. En autres termes, il se réfère à une autre forme de sensibilité qui lui est opposée. [5] Curieusement, en 1606, le conseiller Duarte Nunes Leão affirmait que les portugais abusaient des vocables d’autres nations, évitant ceux d’origine espagnole, car “la raison est qu’outre l’émulation qui a eu lieu entre ces gens après que les royaumes ont été divisés, les Portugais se trouvent perpétuellement avec les Espagnols en deux lettres,