L’emploi en temps de crise. Trajectoires individuelles, négociations collectives et action publique. Ouvrage collectif sous la direction de Catherine Spieser Editions Liaisons, 2013 Chapitre 7 Flexibilité interne contre flexibilité externe : négociation collective et ajustements de l’emploi dans l’industrie en Allemagne, en Italie et en France Catherine Spieser 1 Les crises sont révélatrices de la diversité des solutions auxquelles les acteurs du monde socio-économique font appel lorsqu’ils sont confrontés aux aléas des marchés. Cette diversité se mesure à un premier niveau d’analyse en étudiant l’action publique et ses acteurs. Dans un contexte d’incertitude, la régulation du travail et les institutions du dialogue social permettent aux salariés de faire face aux risques pesant sur eux. Quelle place tiennent la représentation, la participation des acteurs syndicaux et patronaux et la négociation dans la régulation de l’emploi et du risque chômage en temps de crise ? En prenant en compte les différences historiques, institutionnelles et sociopolitiques entre Etats, et entre les acteurs qui les animent, peut-on identifier différentes manières de « gouverner » l’incertitude socio- économique? Un second niveau d’analyse envisageable pour appréhender cette diversité des réponses à la crise est celui des pratiques des entreprises. Face à des marchés changeants et instables, les entreprises industrielles cherchent à développer des moyens d’adaptation leur permettant d’ajuster leurs capacités à la demande, une flexibilité que l’on peut définir comme la « plasticité du travail et de l’emploi pour mieux les conformer aux exigences du marché » 1 Sciences Po, Centre d’études européennes et Centre d’études de l’emploi