COLLABORER 135 ARCHÉOPAGES HORS SÉRIE OCTOBRE 2010 d’une fouille archéologique préventive étant donné les délais de la mission sur le terrain. Il présente par ailleurs, au vu de la qualité et de la diversité des vestiges, un extraordinaire champ expérimental où nous pouvons tranoser l’expérience acquise en France sur des sites à large éventail chronologique et en tester la validité, ce qui témoigne de la capacité d’adaptation acquise au cours des fouilles préventives. L’archéologie en France et l’archéologie française à l’étranger sont effeivement méthodologiquement étroitement liées, comme l’a mis en exergue le regretté Serge Cleuziou. En outre, ces délais impliquent une gestion synchrone de l’acquisition des données sur le terrain et de l’étude en laboratoire, l’ensemble de la documentation devant être exploitée à l’issue des fouilles. La gestion d’une opération de ce type se trouve confrontée à un certain nombre de particularités locales qui représentent autant d’adaptations de nos techniques et de nos modes d’acquisition des données. Par exemple, à la différence des chantiers métropolitains, le terrassement se fait uniquement de façon manuelle en raison du contexte touristique, car l’usage d’engins mécanisés est entaché, dans les mentalités locales et dans celles de nombreux touristes, d’une image de destruion qui porte ombrage à la crédibilité scientifique. Ce site, classé au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, constitue, avec Jerash et Khirbet edh-Dharih, une vitrine de l’archéologie française en Jordanie qui accueille chaque année un nombre croissant de visiteurs. Soutenu par le ministère des Affaires étrangères et l’ambassade de France en Jordanie, notre mission a déjà connu de nombreuses visites protocolaires et servi de support à plusieurs opérations de valorisation et de communication. Dans ce cadre, elle constitue une opération prestigieuse pour l’Inrap pour valoriser nos compétences sur la scène internationale. Les années à venir s’orientent, en parallèle aux opérations de terrain, vers la publication et la valorisation des premiers résultats, en premier lieu le monument impérial à abside, en associant une étude architeurale à l’ensemble de son environnement archéologique. A C., , « De Pétra au wadi Ramm : le Sud jordanien nabatéen et arabe », in Archéologies.  ans de recherches françaises dans le monde, ministère des Affaires étrangères, Paris, Maisonneuve et Larose, A-E, p. -. A C., R F., B L., D-F J., M C. et al., , Le Sanuaire du Qasr al-Bint à Pétra : recherches de la mission française (-), Beyrouth, I. M M., R F., K A., , e Hellenistic levels under the Temenos of the Qasr al-Bint at Petra, Annual of the Department of Archaeology of Jordan, vol. . Z F., L F., D-F J., , Le Qasr al-Bint de Pétra. L’architeure, le décor, la chronologie et les dieux, Paris, A-E. La mission Beisamoun : sur les traces des premiers paysans de la vallée du Jourdain Nicolas Samuelian Inrap, D C Fanny Bocquentin C, U  « Archéologies et Sciences de l’Antiquité » Hamoudi Khalaily Israel Antiquities Authority D écouverte et proteion du site de Beisamoun. Le site de Beisamoun est situé en Haute-Galilée (Israël), dans la partie la plus septentrionale de la vallée du Jourdain. Il faisait face à la zone marécageuse d’un grand lac, le Houleh, dont la rive la plus proche était située à - km plus au sud. L’occupation principale est datée du Néolithique précéramique B, à la fin du  e millénaire avant notre ère. C’est à la faveur du creusement de grands bassins piscicoles que le site de Beisamoun a été découvert, dès , grâce aux proeions de surface menées par Amnon Assaf, conservateur du musée de Préhistoire du Houleh (Perrot, ). En ,  et , au gré des opérations de vidange et de nettoyage des bassins qui se succèdent, une équipe, dirigée par J. Perrot (C/C¹) puis M. Lechevallier (C/C), procède au relevé des struures qui émergent au fond des bassins. Associé à la collee de matériel en surface, ce travail de repérage systématique des struures permet d’évaluer l’étendue du site néolithique à plus de  ha. Les bassins étant creusés en cuvette, c’est toujours sur leurs marges que les vestiges archéologiques en place ont été trouvés, ceux situés plus au centre ayant été généralement arasés. En , une courte opération de sauvetage dirigée par M. Lechevallier met au jour les vestiges d’une maison reangulaire à sol enduit (Lechevallier, ). Une surface d’environ  m² est exposée et fouillée sur  cm de profondeur où trois niveaux d’occupation sont identifiés. Ce seeur du site a livré des informations de grand intérêt à travers, notamment, des struures variées et bien conservées, un agencement de l’eace très struuré, un outillage exceptionnel, de nombreuses inhumations et un dépôt de deux crânes surmodelés. Ces découvertes, associées à l’importante superficie du village, ont fait de Beisamoun un site majeur de la fin du Néolithique précéramique. Par la suite, les aivités agricole et piscicole ont continué à endommager certaines parties du site jusqu’à ce que l’Office des antiquités israéliennes le protège en . En  et , notre équipe a mené deux courtes campagnes exploratoires, de  jours chacune, qui ont permis de localiser un vaste seeur bien préservé du site (Bocquentin et al., ) et de poser les jalons d’une recherche programmée pluridisciplinaire bénéficiant des savoir-faire écifiques des différents membres de l’équipe. En  et  nous avons mené des campagnes de trois semaines qui ont permis d’élargir l’emprise de fouille à  m². Une quinzaine d’étudiants bénévoles participent Centre de recherche français à Jérusalem. rcheopages HS 2-IMP.indd 135 16/12/10 14