par Arnaud TIMBERT LA CHARPENTE EN BETON DE LA CATHEDRALE NOTRE-DAME DE NOYON La cathédrale Notre-Dame de Noyon a soufert des aléas de deux guerres mondiales. Parmi toutes les destructions dont elle fut l’objet, la disparition de sa charpente en bois n’a guère retenu l’attention des chercheurs ; pas une ligne ne peut être mentionnée à son sujet 341 . La même remarque est valable pour la charpente en béton qui la supplanta après la Grande Guerre. Remarquable réalisation d’ingénierie, cette charpente, comme toutes celles qui furent bâties en Picardie durant la même période, n’a jamais été étudiée ni citée dans les ouvrages et articles traitant du sujet. Il y a pourtant un réel intérêt à s’interroger sur ses origines. Sa réalisation répond, en efet, à des préoccupations économiques, à des diicultés de mise en 341 Nous ne possédons que très peu d’éléments sur la charpente en bois de la cathédrale de Noyon, celle- ci n’ayant jamais fait l’objet d’un relevé précis avant sa destruction en 1918. La mémoire de sa disposition nous est néanmoins parvenue par le biais des planches de D. Ramée illustrant la monographie de L. Vitet. L. Vitet, Notre-Dame de Noyon, coll. des Documents inédits sur l’histoire de France, troisième série, archéologie, Paris, 1845. Ces planches ofrent deux dessins de la toiture en coupe longitudinale et transversale dévoilant une charpente à structure tramée alternant fermes principales à entraits et fermes secondaires sans entrait. La coupe transversale, prise dans la dernière travée de la nef, présente une charpente formant ferme à entraits disposés sur une sablière. Un poinçon relie l’entrait au sommet des arbalétriers. Deux poteaux latéraux, légèrement obliques, renforcent la partie inférieure des fermes tandis que deux faux-entraits jouent le même rôle en partie supérieure. La coupe longitudinale laisse observer une disposition des fermes à entraits à l’aplomb des arcs doubleaux forts et faibles de la nef comme du chœur. Elles sont par ailleurs reliées par deux liernes : les liernes inférieures sont associées aux poinçons par des aisseliers tandis que les liernes supérieures, elles-même renforcées par des aisseliers, supportent des croix de Saint-André jointes à la panne faîtière. Entre les fermes à entraits sont disposées sept fermes sans entrait. La charpente couvrant la dernière travée de la nef est légèrement diférente avec la présence de deux liernes supplémentaires et une notable réduction de la dimension des croix de Saint-André. 2 septembre 1918. La nuit a été calme. Je vais à l’observatoire. […] Devant moi, à 3 km à vol d’oiseau : Noyon. Pauvre Noyon. Il ne reste plus que des ruines. La cathédrale blessée, tend vers le ciel comme des bras, ses deux tours mutilées. Robert Delouche.