Cet article a été publié dans Accueillir, n°252, décembre 2009, pp.43-45. [Dossier : Le développement est-il une réponse aux migrations internationales ?] 1 Intégration et développement : exemple de deux groupes berbères Thomas LACROIX 1 Intégration des migrants et co-développement forment un ensemble indissociable. Cependant, l’interaction entre les deux termes dépend de la définition apportée à l’intégration : tantôt individuelle, sociétale et fonctionnelle. Comparaison entre deux groupes berbères nord-africains : les Kabyles et les Chleuhs. Depuis la fin des années 1970, la France le maintien des liens entre les immigrés et leur pays d´origine en vue de faciliter les retours des étrangers dans leur pays d´origine. La politique de co-développement semble, à première vue, participer de cette logique au regard des multiples articulations, implicites ou explicites, qui existent entre aide au projet et aide au retour. Prenant le contre-pied de cette vision, quelques collectivités territoriales ont parié sur des pratiques de développement des immigrés afin de mettre en oeuvre une politique d'intégration alternative. Par exemple, la ville de Paris a lancé en 2008 un dispositif de cofinancement de projet, le label co-développement Sud, qui, encourage les partenariats entre les migrants et les organisations privés et publics. Cette approche de l´ « intégration par le développement » a été adoptée dans d'autres villes françaises et européennes telles que Milan et la Catalogne. L'intention de cet article est de porter un regard sur cette question à travers une comparaison entre deux groupes berbères Nord-Africains, les Kabyles algériens et les Chleuhs de l´Anti- Atlas marocains. Ces deux groupes ne montrent pas le même degré d´implication dans des pratiques de développement. Tandis que les organisations marocaines sont devenues des actrices importantes en matière développement, les réseaux kabyles, bien que possédant une longue histoire de mobilisations collectives, ne montrent pas la même implication. Les principales ONG de migrants marocaines sont actives depuis une vingtaine d´années. Le FORIM, plateforme associative réunissant les principales organisations de migrants versées dans le développement compte vingt-huit structures marocaines contre seulement quatre algériennes Afin d'expliquer ces différences, j'examinerai l'impact de l'intégration sur l'évolution de ces groupes. 1 International Migration Institute, Université d´Oxford – Chercheur associé à MIGRINTER halshs-00737628, version 1 - 2 Oct 2012 Manuscrit auteur, publié dans "Accueillir, 252 (2009) 43-45"