16/04/2013 (Texte entièrement modifié, selon les indications d’H. de Lumley, Rédacteur en chef de L’anthropologie ») 11 avril 2013 Article original Nouvelles recherches sur l’identité culturelle et stylistique de la grotte Chauvet et sur sa datation par la méthode du 14 c New investigations into the cultural and stylistic identity of the Chauvet cave and its radiocarbon dating Jean Combier a , Guy Jouve b a, Directeur de recherche honoraire au CNRS, ancien directeur régional des Antiquités de la région Rhône- Alpes, promoteur des musées de préhistoire d’Orgnac-l’Aven et de Solutré, 71000 Mâcon, France. b* Professeur agrégé de l’Université, 38330 Biviers. Résumé La découverte de la grotte Chauvet, à Vallon-Pont-d’Arc (Ardèche), en 1994, a marqué une date importante dans la connaissance de l’Art pariétal paléolithique dans son ensemble. Ses représentations peintes et gravées par leur nombre (425 unités graphiques), et leur excellente conservation offrent un thesaurus documentaire comparable à celui des plus grands sites connus, bien supérieur à ce qu’avait déjà donné le groupe des cavernes rhodaniennes (Ardèche et Gard). Mais précisément son étude, si on la replace dans son cadre naturel régional, culturel et thématique, ne permet pas d’y voir une entité isolée et d’une précocité surprenante. Elle est à reconsidérer et les affinités que nos recherches ont fait apparaître sont nettement en défaveur de l’âge très ancien qui lui a été attribué. Si l’on étend cet examen à l’ensemble du domaine franco-cantabrique, une évidence s’impose : la grotte Chauvet, si elle présente des caractères qui lui sont propres (comme chaque grotte ornée), se situe dans une phase évolutive de l’art pariétal très éloignée de ses formes d’origine (connues par l’art sur blocs et sur parois d’abris datés en stratigraphie de l’Aurignacien, en France et en Espagne cantabrique). Elle se place donc très normalement, pour la majorité de ses œuvres, dans le cadre des créations artistiques bien définies du Gravettien et du Solutréen. Cette phase du Paléolithique supérieur moyen (26 000-18 000), coïncide d’ailleurs avec une occupation humaine locale particulièrement intense et diversifiée, inconnue auparavant et beaucoup moins dense ensuite, au Magdalénien. Une critique serrée du traitement des échantillons soumis à l’analyse AMS du radiocarbone, ne permet pas de retenir l’âge très ancien (36 000 cal BP) attribué par certains auteurs au figures peintes et gravées de la grotte Chauvet.