Bouchih, un site de nomade sur la rive ouest de Moulouya (Rif oriental) Jörg Linstädter, * Abdallah Fili ** , Abdeslam Mikdad, *** Abdeslam Amarir **** Introduction Des travaux archéologiques récents dans la région du Rif oriental et dans la basse vallée de la Moulouya ont débuté depuis 1995. Ils sont effectués dans le cadre d’une coopération maroco-Allemande de l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP) et de la Kommission für die Archäologie Außereuropäischer Kulturen des Deutschen Archäologischen Instituts (KAAK) avec la participation de l’Université de Cologne, et placés sous la direction des Abdessalam Mikdad et Josef Eiwanger. Pendant ces 15 années, des centaines de sites ont été découverts et une douzaine fouillés, comme les sites Iberomaurusien de Ifri N’Ammar 1 , les sites épipaléolithiques de Hassi Ouenzga 2 et Taghit Haddouch 3 , ainsi que les sites néolithiques de Ifri Armas et Ifri Oudadane 4 . En 2006 le projet « Rif oriental » a été étendu grâce à un projet géo- archéologique de l’Université de Cologne sous le thème du « Changement de l’environnement et utilisation de terrain dans le Nord-est du Maroc », financéepar la « Volkswagen Stiftung ». Il concerne notamment la basse vallée de Moulouya. Le but de ce projet est de mettre en relation les chronologies des sédiments fluviaux et l’occupation des sites archéologiques de la plaine afin de comprendre l’adaptation de l’homme aux changements climatiques. Pendant l’Holocène la Moulouya a sédimenté des dépôts alluviaux atteignant 15 mètres de hauteur. Les sites archéologiques situés à l’époque au bord de la rivière furent couverts par des inondations et sont aujourd’hui encastrés dans les sédiments alluviaux 5 . L’érosion a de nouveau exposé les dépôts et les sites archéologiques peuvent être fouillés. Pendant les trois campagnes dans le cadre de ce projet, 40 sites archéologiques environ ont été documentés et en partie fouillés. Ils se concentrent sur cinq aires dont le profil sédimentologique a été documenté et analysé pour permettre des corrélations avec des sites environnants. Les sites archéologiques couvrent une longue période, de l’Épipaléolithique jusqu’à l’époque médiévale. * . Université de Cologne, Institut de Préhistoire, joerg.linstaedter@uni-koeln.de, ** . Faculté des Lettres, El-Jadida, UMR 5648, Lyon, filimas@gmail.com, *** . INSAP, Rabat, mikdad@hotmail.com **** Directeur régional de la culture, El Jadida, abamarir@yahoo.fr 1 .Moser, 2003 et Ifri El-Baroud Nami 2008. 2 . Linstädter 2003. 3 . Mikdad et al. 2000. 4 . Linstädter 2008. 5 . Ibouhouten et al. 2008.