118 Les mots du foncier Expropriation L’expropriation est une disposition administrative permettant à la puissance publique de forcer un propriétaire privé ou moral à céder un bien immobilier ou foncier - ou des droits réels immobiliers - au nom d’un objectif déclaré d’utilité publique, moyennant une indemnité. L’expropriation donne les moyens à l'État et aux collectivités territoriales de faire prévaloir l’intérêt général face aux intérêts de propriétaires particuliers, elle constitue alors un temps de débat public (Droniou, 2001). Les procédures d’expropriation sont principalement menées pour permettre la réalisation d’ouvrages publics et d’opérations d’aménagement. La puissance publique peut exproprier pour le compte d’un organisme tiers, public ou privé, qui s’engage à mettre les terrains acquis en valeur. La protection d’espaces sensibles peut également justifier le recours à des expropriations. Dans les pays du Sud, les expropriations peuvent être menées dans une logique redistributive, lors de la mise en place de réformes agraires parfois vécues comme dépossédantes, ce fut le cas en Algérie dans les années 1970 et au Zimbabwe dans les années 2000 à l’encontre des fermiers blancs (Compagnon, 2003). Dans le cas de remembrement de terrains en vue de leur aménagement, les associations foncières urbaines peuvent mettre en œuvre des mécanismes s’apparentant à des expropriations par le privé. En 1950 et 1960, la lutte contre l’habitat insalubre, par le biais de procédures de rénovation urbaine, a contribué à la multiplication des expropriations en France. Les années 1970 marquent un coup d’arrêt à l’inflation des procédures de grande ampleur, en prônant la réhabilitation de l’habitat ancien. Face aux expropriations, souvent longues, coûteuses et mal vécues par la population (Cavaillé, 1999), la puissance