Özgür TÜRESAY 147 Turcica, 41, 2009, p. 147-178. doi: 10.2143/TURC.41.0.2049291 © 2009 Turcica. Tous droits réservés. Özgür TÜRESAY, docteur en histoire, est chargé de recherche au département de Science politique, université Galatasaray, Çıragan Caddesi n o 36, 34357 Ortaköy-Istanbul, Turquie oturesay@gsu.edu.tr 1 Henry LAURENS, La question de Palestine, tome 1, 1799-1922. L’invention de la Terre sainte, Paris, Fayard, 1999, p. 202-205. 2 Voir Isaiah FRIEDMAN, Germany, Turkey and Zionism, 1897-1918, Oxford, Clarendon Press, 1977 et Neville J. MANDEL, The Arabs and Zionism Before World War I, Berkeley- ANTISIONISME ET ANTISÉMITISME DANS LA PRESSE OTTOMANE D’ISTANBUL À L’ÉPOQUE JEUNE TURQUE (1909-1912) L’exemple d’Ebüzziya Tevfik voqué par la presse arabe dès le premier congrès sioniste tenu à Bâle en 1897 1 , le sionisme ne devint un sujet central du débat public dans l’Empire ottoman qu’au lendemain de la restauration de la Constitution, le 24 juillet 1908. La censure hamidienne étant supprimée, il put alors commencer à s’exprimer librement. Certes, il ne s’agissait pas des pre- miers contacts entre les sionistes et l’Empire ottoman. Le fondateur du mouvement, Théodore Herzl, s’était rendu à cinq reprises dans la capitale ottomane entre 1896 et 1902, y avait rencontré deux grands vizirs, Halil Rıfat Pa≥a et Said Pa≥a, et avait été reçu par le sultan lui-même en mai 1901. Durant le règne d’Abdülhamid II, les demandes sionistes avaient été refusées. Dans la crainte d’un nouveau problème «∞minoritaire∞», le gouvernement ottoman avait pris des mesures législatives pour empêcher l’installation des Juifs en Palestine 2 . É