Pascal Raux « Animisme et arts premiers » À la découverte de l’art pariétal Les premiers dessins de l’humanité fascinent et posent de nombreuses questions sur leur signification magique ou religieuse. Avec « Animisme et arts premiers » Pascal Raux propose une théorie convaincante et passionnante, réussissant à mettre ses découvertes à la portée de chacun. Historien et préhistorien, Pascal Raux publie aujourd’hui « Animisme et arts premiers » fruit de la recherche qu’il mène depuis plusieurs années sur l’art préhistorique. Un ouvrage qu’il a délibérément souhaité à la portée du plus grand nombre : « J’ai toujours revendiqué, pour tous, le droit de savoir, et je me suis également donné le devoir de transmettre, d’où la parution de ce livre. » Pascal Raux étudie plus spécifiquement le paléolithique supérieur c’est-à-dire la période de Cro- Magnon, allant de – 40 000 à – 10 000 ans. « Je travaille essentiellement sur l’aspect sociologique et humain, ce dont on ne peut être certain… mais qui m’intéresse au plus haut point ! À travers l’art préhistorique, on va essayer de comprendre quelles étaient les croyances et la vie des hommes qui vivaient à cette époque. C’est une quête de nos racines, une tentative pour savoir d’où l’on vient. » Les sites concernés se situent dans la « vieille Europe » : le sud-ouest de la France, la vallée du Rhône, le nord-ouest et le sud de l’Espagne. Et la chronologie affirme qu’ils abritent les plus vieux dessins existants : ils constituent donc en quelques sortes la genèse des croyances et des religions de notre culture et de notre société. À partir de ces dessins, qu’il a longuement étudiés, Pascal Raux fait dans cet ouvrage une proposition de lecture qui vise à faire apparaître les racines de l’art. L’auteur rappelle tout d’abord les croyances animistes des hommes de cette époque : « L’animisme est la première religion de l’humanité. Il se caractérise par le fait de croire qu’un esprit anime toute chose et tout être. En effet, l’esprit est un principe différent du corps qu’il occupe et qu’il peut quitter provisoirement durant le sommeil ou la transe. Ainsi, les premières croyances considèrent le rêve comme un phénomène durant lequel on voit ce qui a disparu de notre vie. Pour les hommes de cette époque, le pays du rêve existait bel et bien, c’est un « monde autre » qui faisait partie intégrante de la vie. Enfin, l’esprit quitte le corps lors de la mort, mais il est supérieur au corps puisqu’il lui survit. Le culte des ancêtres participe de cette même croyance. » Pour mener à bien son étude Pascal Raux part de questions simples mais fondamentales : « Que représentent ces animaux dessinés sur les parois des grottes ? Pourquoi certains sont-ils blessés ? Pourquoi d’autres sont-ils privés d’un sens et représentés sans yeux, sans bouche, sans pattes ou sans tête ? » Ces interrogations correspondent à une réalité qui a été peu étudiée : on le constatait mais on ne tentait pas d’apporter de réponse. Avec « Animisme et arts premiers » l’auteur développe une théorie laissant apparaître que ces animaux ne sont pas de simples animaux mais des « animaux tutélaires » du chaman qui se transforme en l’un ou l’autre d’entre eux. En effet, l’état de transe permet au chaman de voyager dans le « monde autre » et certains animaux représentés seraient donc des chamans transfigurés. Ainsi, les blessures de l’animal figureraient « la mort » de la transe, tandis que l’absence de sens représenterait les qualités de visionnaire du chaman : télépathe, celui-ci n’a pas de sa bouche, capable de voler, il n’a pas besoin de ses jambes… En conclusion de son ouvrage, Pascal Raux précise que « cette démonstration est une proposition de lecture de l’Art Premier sous toutes ses formes et tous ses supports, avec objectivité et en tenant compte des théories que d’autres ont proposées au fil du temps. » En effet le livre, très didactique, propose un rappel des principales études menées sur le sujet avant de développer sa propre thèse. Clair, abordable pour les néophytes, abondamment illustré de photos et schémas, il permet à chacun de se plonger dans l’univers passionnant de l’art pariétal et des origines de l’homme.