__ EN_JEUX Comité d'honneur Revue de formation continuée et de didactique du français André de Peretti, Georges Legros, Marc Wilmet Comité de lecture Jean-Michel Adam, Monique Denyer, Jean-Pierre Goldenstein, Vincent Jouve, Dominique Lafontaine, Monique Lebrun, Michèle Monballin, Yves Reuter, Jean-Maurice Rosier, Annie Rouxel, Bernard Schneuwly Comité de rédaction Luc Collès, Jean-Louis Dumortier, Jean Giot, Jean-Paul Laurent, Michel Liemans, Marc Lits, Marc Romainville, Jean-Luc Vanschepdael, Frank Wagner Comité de direction Jean-Louis Dumortier Jean-Paul Laurent (directeur de la publication), Frank Wagner Administration Michèle De Vos CEDOCEF Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix Rue de Bruxelles, 61 B 5000 NAMUR Prix Tél. : OO 32 (0)81 72 42 17 Télécopie: OO 32 (0)81 72 42 24 michele.devos@fundp.ac.be Compte bancaire : 350.0000001-23 des FuNDP à Namur (mention "9406 ENJEUX") Belgique Étranger Abonnement annuel Le numéro 30€ 11 37€ 13 Maquette de couverture : Michèle De Vos ... Enjeux 73, hiver 2008 Des usages didactiques de la comparaison des genres pour l'apprentissage du français Types, séquences, actes de langage ou genres de textes 1 ? Dans un article récent, Françoise Revaz affirme que « la grande révolution de ces vingt-cinq dernières années en didactique des langues c'est d'avoir intégré l'idée que la compétence linguistique des locuteurs s'étend au-delà des limites de la phrase et qu'il faut sortir du cadre strictement phrastique pour s'intéresser à ce que Bakhtine appelait la "syntaxe des grandes masses verbales", ce que certains ont appelé la "grammaire de texte" ou d'autres la "macro-syntaxe".» (Revaz, 2004 : 61). Elle rappelle ainsi le credo de Bakhtine qui affirmait qu'« apprendre à parler, c'est apprendre à structurer des énoncés (parce que nous parlons par énoncés et non par propositions isolées, et encore moins, bien entendu, par mots isolés). » (Bakhtine, 1984 : 285). J'aimerais revenir rapidement sur certaines notions que l'on mobilise fréquemment lorsqu'on tente d'appréhender la manière dont les énoncés se structurent au-delà des limites de la phrase : en l'occurrence je mettrai l'accent sur (1) les typologies de texte; (2) les séquences textuelles; (3) les actes de langage; (4) les genres. Dans cet article, nous n'introduirons pas une distinction conceptuelle entre « texte» et «discours» qui serait fondée sur l'abstraction ou la prise en considération du contexte de l'énoncé. Même la linguistique textuelle (cf. Adam, 2008) a fini par renoncer à l'équation DISCOURS = TEXTE + CONTEXTE, qui a longtemps servi à discriminer son champ d'investigation par rapport à celui de l'analyse de discours. Nous postulons que tout énoncé, oral ou écrit, implique et incorpore en partie un contexte d'énonciation qui affecte la nature même de sa « textualité ». Texte et discours seront donc pris comme quasi synonymes, ou ils se référeront simplement à la distinction ordinaire qui est faite entre texte écrit et discours oral. Sur la redéfinition pragmatique du genre comme« savoir», voir Baroni & Macé (2007). 57