Industrie et espace ou l’ordre de l’extraversion Géographie & Développement, 1990, 10, 7-48 1 INDUSTRIE ET ESPACE ou l'ordre de l'extraversion `«›‒ adkgdch ergrK t‹ƒ¶¡‒†ƒ‡" ~¡ s·‹ƒ† Communication aux Journées d'Etudes de l'AGT Publiée in "Géographie & Développement", 1990, n° 10, pp: 7 - 48 L'espace industriel tunisien s'est élargi d'abord sous les auspices de l'Etat, sous forme de "pôles régionalisés" dans les années 60, ensuite et avec la libéralisation, il a connu une grande extension qui est restée, cependant, limitée au littoral oriental. Cette diffusion du fait industriel a été le résultat d'un mode de développement axé sur l'industrie, épaulé par l'Etat d'abord et intégré à la Division Internationale du Travail ensuite. Cependant, l'élargissement de cet espace industriel a profité surtout au littoral sous les auspices de la capitale qui a vu son rôle se renforcer malgré le recul de son poids dans l'appareil productif industriel. En effet, Tunis devient le lieu de commandement de cet espace industriel . I - La place de l'industrie: la centralité La centralité de l'industrie se manifeste au niveau des investissements, de la croissance, de la création d'emploi et des exportations. Cette centralité s'est traduite, cependant, par des déséquilibres sociaux et spatiaux en particulier depuis 1970. 1 - L'investissement Les investissements dans l'industrie manufacturière sont passés de 6,3 MD en 1962 à 267,7 en 1983, ils dépassent en 1973 ceux de l'agriculture, la part dans l'ensemble des investissements est passée de 9,2% à 21% entre 1962 et 1983. Elle représente près de 39% des investissements du secteur secondaire entre 1962-81: 28% entre 1962-72, 38,3% entre 1973-76 et 42,4% entre 1977-81. Au cours de la première décennie, les investissements ont été, avant tout, publics (+70%), sous forme de grandes unités, notamment à l'intérieur: Sucrerie de Bèja, El Fouledh de Menzel Bourguiba, Cellulose de Kasserine, STIA de Sousse, Sogitex...etc. Au cours de la seconde décennie, les investissements ont été surtout privés, ils se sont cristallisés pour l'Etat dans les secteurs capitalistiques: matériaux de construction (76%) et chimie (85%), les secteurs les plus rentables pour le privé (textiles, industrie diverse : 80-84%, agro-alimentaire: 59%) qui ont attiré l'essentiel des capitaux. Les mesures d'incitation et d'encouragement prises depuis 1969 expliquent le passage d'un investissement annuel de 25 MD entre 1962-71 à 59 entre 1972-76, 162 MD entre 1977- 81 et 311 MD depuis.