Les transferts des migrants tunisiens Amor Belhedi Rome, Med-Campus, Sept-Oct 1993 Les transferts des migrants tunisiens Amor BELHEDI Faculté des Sciences Humaines & Sociales. Université Tunis I Med-Campus 83 : Université de la Sapienca de Rome - Université Tunis I – Ceres : « Agents de développement dans les processus migratoires ». Septembre 1993, Rome Texte publié dans « Migration. Impact socio-économique», Cahiers du CERES, 15, pp : 59-76 Les migrants tunisiens constituent près de 7% de la population et 10% de la population active occupée mais ils contribuent à une part très importante du Produit Intérieur Brut (PIB) qui place l'émigration au second rang, comme source de devises, après le tourisme. Ces transferts varient cependant selon les données socio-démographiques et géogra- phiques des migrants, le pays d'accueil et les régions d'origine. Ces transfert revêtent, en réalité, des formes différenciées et variées selon l'importance des voies directes ou indirectes du transfert, de la place des circuits monétaires formels ou officiels (Poste, Banques...), du commerce de valise ou du phénomène de compensation. Avant de tenter d'évaluer l'importance de ces transferts au niveau global et macro- économique, il convient de cerner les principaux circuits et les formes de ce transfert de revenus faute de quoi, le bilan resterait probablement incomplet. Dans un dernier point, nous essayerons d'analyser ce phénomène au niveau micro-social et spatial. I - CIRCUITS ET FORMES DES TRANSFERTS Les transferts revêtent en réalité des formes variées qu'il s'avère parfois difficile de cerner dans la mesure où une bonne partie échappe à toute statistique officielle. On peut résumer ces circuits et ces formes par les schémas suivants : En réalité, on peut distinguer deux grandes formes de transfert selon la nature des biens transférés (monnaie ou produits): les flux financiers et les flux matériels, deux types de circuits: le circuit formel et le circuit parallèle et deux voies: la voie directe et la voie indirecte. 1 - Les flux financiers : ils sont de deux formes : les transferts formels et les flux informels ou invisibles. a - Les flux financiers formels (FFF): ils concernent les transferts directs qui passent par la Poste, les banques sous forme de mandats, de virements ou d'épargne (FD). Ils englobent aussi les transferts financiers indirects (FI) de la sécurité sociale, de la retraite ou des pensions au profit des familles des travailleurs tunisiens restés en Tunisie. Amor BELHEDI Med-Campus