Pour comprendre comment la culture politique « chaviste » a pu se forger au sein du territoire vénézuelien il faut, avant de se concentrer sur le personnage mythique qui est l'actuel Président de la République, étudier la conjoncture politique, économique et sociale qu'a fait du Venezuela le cœur du « virage a gauche » latino-américain. Il faut d'abord prendre en compte que, depuis le processus indépendantiste vénézuelien au XIXème, les difficultés dans la construction de l'Etat nationale ont conduit a une détention du pouvoir politique par de leaders locales. Leaders qui, grâce à leur autorité, sont arrivés à unifier le baste et complexe territoire sous un seul sentiment national, après la rupture du lien souverain avec la Couronne Espagnole. Puis, l'héritage de la configuration bipartite du jeu politique avec une idéologie essentiellement libéral va rester présent dans la structure de la répartition du pouvoir. Bien qu'ils portaient le nom de Parti Libéral et Parti Conservateur, ils ne représentaient que des élites politiques appartenant à la société civil qui voulaient imposer un modèle de construction républicain inspiré des Lumières françaises, qui allaient à l'encontre des intérêts des factions militaires que régissaient le pays. Finalement, l'incapacité d'imposition d'un « Etat fort » qu'ait le monopole de la violence légitime a amené a la formation de réseaux clientélistes fidèles au pouvoir d'un caudillo local. La construction de l'identité vénézuelienne, comme en tant d'autres latino-américains, se fait à travers de la mystification d'un processus indépendantiste, dont la population du Venezuela a intériorisé d'une part, l'héritage nationaliste et d'autre part, le complexe d'un projet bolivarien non achevé que prétendait l'unification d'une fédération latino-américaine. Ceux-ci seront les aspects clés à prendre en compte pour comprendre l’imaginaire politique et du rapport au pouvoir du pays En outre, avec l'évolution et l'autonomisation de la vie politique vénézuelienne, le panorama politique à prendre en compte va commencer à se dessiner à partir des années 1930, période pendant laquelle le continent en général a vécu accélération des processus capitalistes. La rapide prolétarisation de la population ouvrière et travailleuse grâce aux crises financières et inflationnaires qu'ont suivie le crack de la bourse en 1929, plus l'influence de la Révolution Mexicaine et la Révolution Russe catalysent l’apparition des nouvelles idéologies politiques dans le pays. Les demandes pour une répartition plus équitables des terres accroit rapidement et c'est pendant cette décennie que des véritables axes droite-gauche vont apparaître. Nonobstant, nous allons voire que la tradition politique vénézuélienne sera structurée par la misse en tension de mécanisme de restriction et permissions, dont les dernières vont s’empirer pendant la décennie de 1950 avec l'alignement politique des nations par rapport à un bloc spécifique, dans le contexte de la Guerre Froide. En effet, pendant le gouvernement du Président Lopez Contreras quelques concessions avaient était données en matière de droits sociaux et de l’assouplissement du système politique. Alors, avec cette transformation de l'ordre mondial dans lequel le fascisme laisse la place au communisme pour se constituer comme ennemie principale des sociétés occidentales. Ainsi, les Etats-Unis qui avaient la main misse dans le territoire latino-américain ont appuyé l'implantation de dictatures militaires pour éviter l'adoption d'idéologies de gauche dans le territoire. En conséquence un clivage profond se creuse entre les secteurs conservateurs au pouvoir (qui représentaient les intérêts du secteur entrepreneuriale, l'Eglise et les militaires) et les masses populaires. Depuis 1945 la politique vénézuelienne s'avait caractérise par la conquête du pouvoir a travers de coups militaires et la succession des dictatures et des régimes au façade démocratique dont la légitime était hautement contestée. C'est pourquoi, l'ample demande démocratique des populations pousse aux élites a entreprendre les premiers pour la transition vers la démocratie. La spécificité de la transition a la démocratie vénézuélienne nous concerne parce qu'elle a été issue d'un pacte entre les élites politiques qui, pour assurer la stabilité démocratique du pays, ont exclu du jeu politique aux factions de tendances révolutionnaires et surtout aux parties de gauche. En effet, la chute de la