L’anthropisation du paysage bruxellois au 10 e -13 e siècle. Résultats d’une approche interdisciplinaire Devos Y. 1 , Vrydaghs L. 2 , Laurent C. 1 , Degraeve A. 3 & Modrie S. 3 (1) : Centre de Recherches Archéologiques, Université Libre de Bruxelles. Avenue F.D. Roosevelt, 50, CP850, B-1050 Bruxelles, Belgique (2) : Research Team in Archaeo- and Palaeo- Sciences. Rue Belliard, 197 bte. 3, B- 1040 Bruxelles, Belgique (3) : Direction des Monuments et Sites – Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale. Rue du Progrès, 80 bte 1, B-1035 Bruxelles, Belgique Mots clés Interdisciplinarité, impact de l’homme, changement du paysage, Bruxelles Abstract The actual Brussels’ landscape is the result of a progressing anthropisation and urbanisation. In order to clarify these transformations we developed a research protocol involving archaeopedology, micro-archaeology and archaeobotany. With the exception of a botanical sequence from the lower part of the city, indicating the presence of a forest at least until the Roman period, the oldest palaeoenvironmental evidence for the centre of Brussels dates from the 10th-13th centuries. During this period we observe profound modifications of the environment ensuing from human activities. As such, we have observed deforestation, agriculture, herding, quarrying and soil extraction. These activities induce changes in the topography, provoke pollution and change the soil cover and the outlook of the landscape. The construction of the first city wall indicates the end of the pre-urban period and the reorganisation of the area. Introduction À l'inverse de beaucoup de villes belges, pour lesquelles les données historiques les plus anciennes datent de l’époque romaine (Tongres, Tournai, …), les premières données historiques pour Bruxelles ne remontent pas au-delà du Haut Moyen Age (BILLEN, 2000). Les circonstances de la naissance de Bruxelles sont donc largement méconnues. De là, l’espoir que les fouilles archéologiques viendront pallier le manque de sources écrites. (DESPY, 1997). Depuis plus de dix ans, l’équipe des Monuments et Sites de la Région de Bruxelles-Capitale assure un suivi archéologique à travers les permis de bâtir délivrés par la Région (DEMETER, 2002). Lors des diverses interventions, toujours très limitées en surface dans cette région densément bâtie, plusieurs couches énigmatiques, souvent pauvres en artéfacts et datées du haut moyen âge (11 e s – 13 e s) ont été mises à jour. Le plus fréquemment, elles consistent en des horizons sombres, homogènes, humifères, à base abrupte et horizontale. Afin d’essayer d’interprêter ces couches, un protocole d’études interdisciplinaires a été élaboré.