Le bois dans l’architecture et l’aménagement de la tombe : quelles approches ? Tome XXIII des Mémoires publiés par l’AFAM, 2012, p. 303-308 303 À la suite d’une découverte fortuite lors de tra- vaux agricoles, le site de Jau-Dignac-et-Loirac a fait l’objet d’une fouille préventive en 2000 par l’AFAN 1 (Scuiller, Caillat 2000) puis, à partir de 2001, d’une fouille programmée dans le cadre d’un chantier- école avec deux triennales successives 2 (Cartron, Castex 2006a et b, 2007). Situé sur la rive gauche de l’estuaire de la Gironde, à environ 950 m des berges actuelles, ce site apparaît en bordure nord-est d’un petit îlot 1 Fouille de C. Scuiller (INRAP). 2 2003-2005 et 2007-2009. surélevé de 4 m Ngf et autrefois isolé par des maré- cages, avant leur assèchement par les Hollandais à partir du premier tiers du XVII e s. Cete situation géographique particulière explique la densité des vestiges découverts sur le site. En efet, une pre- mière phase chronologique est caractérisée par un lieu de culte gallo-romain. Après un hiatus d’occu- pation, les ruines du temple sont réaménagées pour servir d’église à l’intérieur de laquelle prennent place plusieurs sarcophages. À la même période, une petite nécropole s’organise à l’extérieur de l’édi- ice ; elle fonctionne pendant une grande partie du haut Moyen Âge, entre le VII e et le XI e s. Enin, à une date indéterminée du Moyen Âge, peut-être au XIII e s., une chapelle est édiiée à peu près au même emplacement et un petit cimetière y est associé. La nécropole du haut Moyen Âge a livré un certain nombre de structures dont les plus repré- sentatives sont les sarcophages et pour lesquels quelques regroupements peuvent être perçus (ig. 1). Ainsi, les défunts enterrés à l’intérieur de * INRAP ; UMR 5199 PACEA, Anthropologie des Populations Passées et Présentes, université Bordeaux 1, Talence. ** UMR 5607, Institut Ausonius, université Bordeaux 3, Pessac. *** CNRS, UMR 5199 PACEA, Anthropologie des Populations Passées et Présentes, université Bordeaux 1, Talence. Hélène Réveillas * , Yves Gleize * , Sacha Kacki * , Isabelle Cartron ** , Dominique Castex *** Mots-clés : sépulture, inhumation, cofrage, plancher, calages de pierres, dislocations osseuses, Médoc, haut Moyen Âge. Résumé : Le site de « la Chapelle » à Jau-Dignac-et-Loirac, situé dans le Médoc, a fait l’objet de plusieurs campagnes de fouille depuis 2000. Durant le haut Moyen Âge, outre des inhumations en sarcophages, s’installent plusieurs sépultures d’apparence plus fruste. Elles illustrent la présence de contenants en bois non cloués de type cofrage avec calages en pierres. Les nombreuses dislocations osseuses permetent de supposer l’existence d’un plancher surélevé ou d’un bran- card sur lequel devait reposer le corps. À partir de l’exemple le plus pertinent, nous proposons une analyse détaillée de ce type d’architecture funéraire et de son évolution au cours du temps. Key-words : burial, inhumations burial, cofering, loor, stony wedging, bones dislocations, Médoc, early Middle Ages. Abstract : From 2000 to 2009, the site of « La Chapelle » in Jau-Dignac-et-Loirac, in the Médoc, has been the object of several archaeological campaigns. Apart from the sarcophagi, burials in seemingly more « simple » structures have been discovered, using wooden boards wedged in by stones, without the use of nails. The numerous bone dislocations allow us to assume the presence of a heightened loor or a stretcher on which the body was laid. On the basis of the most signiicant example found, we here discuss in detail this type of funerary architecture during the decomposition process. Rélexions sur la nature et l’architecture des fonds de cofrages. L’exemple d’une tombe du haut Moyen Âge du cimetière de Jau-Dignac-et-Loirac (Gironde)