54 Archéologiques, n o 22 La colletion archéologique du site Cartier-Roberval (1541-1543) : témoignage unique d’un projet colonial français en Amérique Hélène Côté Les fouilles menées jusqu’à ce jour sur le site Cartier-Roberval ont permis la découverte d’artefats reliés aux ativités quotidiennes et aux travaux associés à l’exploration des ressources minières. Ils révèlent une société fortement hiérarchisée, ainsi qu’un ordre social et des modes de subsitance européens en terre d’Amérique. Enin, bien qu’au tade préliminaire, l’examen de la céramique semble indiquer la présence d’un réseau commercial dont les ramiications s’étendaient du sud- ouet de la France jusqu’en Normandie pour aboutir dans les cales des navires en partance pour des missions commerciales ou d’exploration et de colonisation. • Excavations carried out to date at the Cartier-Roberval site have led to the discovery of artefats related to everyday ativities and mineral exploration work. hese artefats ofer a piture of an extremely hierarchical society that transferred European social order and means of subsitence to North American soil. While till in the preliminary tage, the tudy of the ceramic artefats suggets the exitence of a trade route with branches tretching from south-wet France to Normandy and along which goods were conveyed to the holds of vessels outitted for commercial, exploratory and colonizing missions. n 1541, François I er invetit Jean-François de La Rocque, sieur de Roberval, du mandat logique d’un terrain situé à Cap-Rouge, en ban- lieue de la ville de Québec, dans le cadre d’un programme d’aménagement de sentiers et de bel- védères au parc Cartier-Roberval. L’archéologue qui efetue ces travaux découvre des éléments caratéritiques d’une occupation hitorique an- cienne (Chrétien 2006). Après plus de 460 ans d’abandon, les retes de la première colonie fran- çaise en Amérique du Nord ont enin revu le jour. Comme de nombreux artefats témoignant de l’exitence du « fort d’en Haut » de Cartier et de Roberval sont parvenus jusqu’à nous, il convient de présenter la colletion archéologique mise au jour jusqu’à maintenant, tout en faisant état de quelques hypothèses relatives aux modes de vie et de subsitance des habitants de la colonie de Cap- Rouge. Ainsi, après un bref survol des péripéties vécues par Cartier et Roberval avant leur départ repetif, nous présenterons la colletion archéo- logique mise au jour lors des trois campagnes de fouille réalisées jusqu’à maintenant. Puis, il sera quetion d’apets plus précis de l’assemblage ancien, en particulier les volets touchant aux di- d’appareiller vers les terres américaines pour y fonder une colonie et explorer les richesses de ce nouveau continent. Sous les ordres de Roberval, Jacques Cartier entame son troisième voyage vers l’Amérique : il quittera Saint-Malo le 23 mai de la même année pour fonder la première colonie fran- çaise en terre d’Amérique. Jusqu’en 2005, l’exitence de l’établissement fondé par Cartier et Roberval sur le promontoire du cap Rouge relevait presque de la légende, car malgré la présence de nombreux indices, plusieurs chercheurs avaient tenté en vain de localiser le site des forts 1 . En efet, la description du « fort d’en Haut » faite par Cartier et par Roberval dans leurs écrits repetifs (Bideaux 1986), et les découvertes fortuites réalisées au cours du xix e siècle lors de travaux de contrution efetués sur le haut pla- teau du cap, n’avaient pas sui pour guider les archéologues vers les vetiges de la première colo- nie française d’Amérique En 2005, la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) procède à l’inventaire archéo- E