EN COLLABORATION 214 les, qui se réfèrent pour la plupart à des œuvres issues de littérature patristique ou gnostique. Ces notes ont pour but, dans un premier temps, de mettre en lumière les sources d’Épiphane et de révéler où les mêmes informations se trouvent chez les Pères, et, dans un deuxième temps, de souligner où les sources gnostiques confirment ou contredisent Épiphane. Il est cependant dommage que l’éditeur n’ait pas profité de cette seconde édition pour ajouter des titres courant plus explicites, titres qui auraient indiqués non seulement le nom de l’hérésie dénoncée, mais aussi son numéro. Ce simple détail aurait permis au lecteur de se référer au volume et de le consulter avec encore plus d’aisance. Nul besoin de rappeler ici l’importance du Panarion d’Épiphane de Salamine, non seulement pour l’hérésiologie, mais aussi en raison des nombreuses œuvres qu’il cite et qui ne nous sont plus accessibles aujourd’hui. Saluons donc la publication de la seconde édition du premier des deux volumes que Williams consacre à la traduction du Panarion. Si cette traduction est essentielle pour ceux qui étudient le gnosticisme, elle intéressera aussi certainement les patrologues, de même que les historiens de la religion et de l’Église. L’auteur profite de la seconde édition pour nous rappeler, et cela est en quelque sorte bien malheureux, que ce volume, avec son compagnon qui couvre les sectes 47 à 80 et contient aussi le De Fide 24 , sont les seuls à offrir une traduction complète du Panarion dans une langue moderne 25 . On ne peut maintenant que regretter davantage l’absence de toute traduction française du Panarion 26 . Eric Crégheur 24. La gnosis eterna. Antología de textos gnósticos griegos, latinos y coptos. II. Pístis Sophía/Fe Sabiduría. Edición y traducción de Francisco GARCÍA BAZÁN. Madrid, Editorial Trotta, S.A. (coll. « Pliegos de oriente », XXX), 2007, 238 p. Cet ouvrage est le second volume d’une anthologie de textes gnostiques (grecs, latins et coptes) entreprise par Francisco García Bazán. L’objectif poursuivi par l’A. est de donner accès, en tra- duction espagnole, à des textes à saveur gnostique autrement difficilement accessibles 27 . Dans le premier volume de cette anthologie paru en 2003 28 , l’A. y faisait d’abord une introduction générale à la gnose et au gnosticisme. Puis, les textes traduits étaient répartis en trois parties : 1) fragments d’auteurs gnostiques trouvés chez les hérésiologues et les Pères de l’Église (Simon, Basilide, Valen- tin et Ptolémée), Actes de Pierre et Hymne de la Perle ; 2) Évangile selon Marie et recension brève de l’Apocryphon de Jean ; 3) traduction en espagnol du Codex Bruce (Livres de Iéou et Anonyme de Bruce). Ce deuxième volume est quant à lui entièrement consacré à une traduction en espagnol de la Pistis Sophia du Codex Askew. L’A. divise son introduction en sept partie : 1) Genre et structure de l’œuvre ; 2) arrière-plan ésotérique et mystériosophique ; 3) les mystères de la lumière ; 4) la Pistis 24. The Panarion of Epiphanius of Salamis, Books II-III (Sects 47-80, De Fide), Leiden, New York, Co- penhague, Cologne, Brill (coll. « Nag Hammadi and Manichaean Studies », 36), 1994. 25. Il existe une traduction anglaise partielle : P.R. AMIDON, The Panarion of St. Epiphanius, Bishop of Sala- mis, Selected Passages, New York, Oxford, Oxford University Press, 1990. 26. S’il n’y a aucune traduction française du Panarion, le public francophone dispose heureusement d’une importante étude portant sur l’œuvre et son contexte ; voir A. POURKIER, L’hérésiologie chez Épiphane de Salamine, Paris, Beauchesne (coll. « Christianisme antique », 4), 1992. 27. Les textes de Nag Hammadi ont déjà été édités et traduits en espagnol par J. MONTSERRAT-TORRENTS, Los Gnosticós, introducciones, traducción y notas, 2 vol., Madrid, Editorial Gredos (coll. « Biblioteca clásica Gredos », 59-60), 1983. 28. F. GARCÍA BAZÁN, La gnosis eterna. Antología de textos gnósticos griegos, latinos y coptos, Madrid, Trotta (coll. « Pliegos de oriente », 8), 2003.