Anthropologica et Præhistorica, 122, 2011, 147 – 190 Rosine ORBAN , Jennifer ELDRIDGE & Caroline POLET Potentialités et historique de la collection de squelettes identifiés de Schoten (Belgique, 1837-1931) 1. I NTRODUCTION Les mécanismes à l’origine de la diversité biologique des populations humaines dans le temps et dans l’espace sont ceux de l’évolu- tion biologique. Ils sont rappelés dans l’organi- gramme (Fig. 1) tiré de Susanne (1980) : les va- riations phénotypiques décomposées en varia- tions d’origine génétique et d’origine non-géné- tique sont liées aux facteurs mésologiques qui, chez le mammifère humain, se décomposent en facteurs du milieu physique et facteurs sociaux. Les facteurs sociaux influent sur les fréquences génotypiques et géniques. Les fréquences gé- niques sont elles-mêmes dépendantes du mi- lieu physique via les mutations et la sélection naturelle, sans oublier le rôle des fluctuations aléatoires et les effets du temps. Pour mieux appréhender l’importance des mécanismes de l’évolution biologique, il est utile de situer les problématiques dans un système de comparaisons inter-populations et intra-population. Plus particulièrement, en pa- léoanthropologie, on a tout intérêt à se référer à des populations actuelles ou subactuelles dont l’anthropologie du vivant peut être accessible. Dans cete optique, les collections de squeletes Fig. 1 — Mécanismes de l’évolution biologique (comm. pers. de Charles Susanne, d’après Susanne, 1980). Les résumés se trouvent en fin d’article.