Recension RB RECENSION The Copper Revolution. Smelters from Canaan and the Beginning of Civi- lization, par Gérard N. Amzallag (en héb.). 14x22 ; 392 p. Shani-Livna (IL), Hameara Publishing House, 2008. — Prix : 98 NIS (ISBN 978 965 91156 0 0). Sous ce titre courageux l’A., de l’université de Béershéva, propose une thèse de grande amplitude sur l’origine de la civilisation comme ensemble des acqui- sitions d’une société humaine, par opposition soit à la nature soit à la barbarie. Ce fondement lointain, postérieur cependant à la révolution liée à la découverte de la céramique, ne serait autre que l’invention de la métallurgie du cuivre, c’est-à-dire de la transformation d’un minerai, d’une terre, en une coulée brû- lante de métal, utilisable ensuite directement ou par alliage pour créer des ob- jets. C’était un prodige, qui fut vite entouré de secrets et de récits mytholo- giques. Plus précisément, cette découverte aurait eu lien en Canaan, et la Bible en porte de nombreuses marques. Cependant, observons tout de suite, avant même de présenter l’ouvrage, que les indices scripturaires qui étayent ou illus- trent la thèse sont assez nets, mais à l’état de vestiges difficiles à dater, et ceci pour deux raisons : d’une part, la narration biblique se rattache à l’âge du Fer, où les références ont profondément changé, comme on va le voir ; d’autre part et surtout, la Bible bouscule tout ce qui paraît expressément cananéen, sauf peut-être la langue elle-même. Typiquement, les récits affirment que depuis Abraham les Israélites sont d’origine lointaine (Mésopotamie ou Égypte) et ne professent qu’une très faible estime pour les cananéens et leurs dieux. L’ouvrage, très documenté, inclut une grosse bibliographie. Il est ici présenté sommairement, puis évalué. I – Présentation Les divers chapitres de l’ouvrage sont regroupés ici en quatre sections : 1. l’archéologie, combinée avec des considérations techniques, permet de con- clure que cette découverte eut lieu dans le sud de Canaan ; 2. on peut suivre sa diffusion dans diverses cultures anciennes, proches ou lointaines, en combinant l’archéologie et l’examen de la mythologie ; 3. l’A. examine ensuite le témoi- gnage de la Bible, qui en a recueilli bien plus tard des traces dispersées, mais cohérentes ; 4. à l’âge du Fer, la diffusion de la sidérurgie a profondément trans- formé les symboles et l’organisation des pouvoirs, ce dont la Bible porte aussi des traces.