Paraskevas Matalas Historiens et voyageurs : itinéraires modernes aux sites de l’histoire ancienne A la fin du XVIII e et surtout au début du XIX e siècle, les voyageurs « découvrent » et décrivent en Grèce un espace réel, le « décor » de l’Antiquité. L’historiographie témoignera, elle aussi, d’un intérêt croissant : « la géographie » deviendra peu à peu une introduction indispensable à toute histoire générale de l’Antiquité et l’on commencera même à se demander dans quelle mesure elle détermine l’histoire. Les historiens qui lisent des voyageurs, des voyageurs qui lisent les historiens, historiens et philologues qui deviennent eux-mêmes des voyageurs : la frontière entre les deux genres souvent se brouille. Dans ma communication j’examine ce rapport à travers l’exemple d’un lieu historiographique et périegétique concret : Sparte. L’espace de Sparte devient un lieu de rencontre –philologique mais aussi réel– d’hommes et de textes de différents pays de l’Occident. Un lieu d’échanges multiculturels mais aussi de controverses, où des Français, Anglais, Allemands etc. construisent, représentent et revendiquent l’image de l’antique Sparte, une image à usages multiples, non seulement par l’historiographie mais aussi par la politique et les courants idéologiques de l’époque. Edward Lear, Sparta (1849). Gennadius Library, Athènes.