L’ambivalence de la notion d’action dans la Dynamique
de Leibniz. La correspondance entre Leibniz et De Volder
(II
e
Partie)
Par
ANNE-LISE REY (LILLE)
Summary
In the second part of this paper we will analyze the correspondence between Leibniz and De Volder
(1698-1706) to try to demonstrate how the Dynamics proposes a new model of intelligibility
of substance. In particular, our aim is to establish how action, with all its ambivalence, can be
understood as a perception expressing degrees of reality. This will enable us to bring to light a
new meaning of a word of the science.
3. Action motrice et action formelle
La deuxième phase de la correspondance entre Leibniz et De Volder, les
lettres qui s’échelonnent du 13 mai 1699 au 31 décembre 1700) présente la
particularité suivante: la démonstration a priori du principe de conservation de
l’action est donnée comme une double réponse à la fois aux réticences de De
Volder à l’égard de la solution dynamique aux problèmes physiques relatifs au
choc des corps, mais aussi comme l’occasion de mettre en évidence les déter-
minations métaphysiques contenues dans le concept d’action formelle, concept
central du principe de conservation, et partant sa relation étroite avec l’activité
de la substance.
Il s’agit donc de la deuxième étape d’un processus démonstratif visant à éta-
blir que l’activité de la substance n’est intelligible que si elle est fondée sur une
action dynamique
1
. Rappelons que durant cette période, Leibniz rédige ou init
de rédiger un texte demeuré inédit de son vivant: Essay de Dynamique sur les
loix du mouvement ou il est monstré qu’il ne se conserve pas la même Quantité
de mouvement, mais la même Force absolue, ou bien la même Quantité d’Action
motrice
2
. Il peut être intéressant de comparer les développements présents dans
1 La première partie de la correspondance avait mis en évidence l’interdépendance entre
l’action dynamique et l’action métaphysique. Nous lirons la troisième partie de la corres-
pondance comme le lieu de l’application de la mesure de l’action (que nous allons dégager
maintenant) à la déinition de la substance active, ain de mettre en évidence une nouvelle
forme d’intelligibilité de la substance qui nous semble pouvoir éclairer d’un jour nouveau
le rapport entre substance et phénomène en partant de la notion d’action.
2 Ce texte écrit en français (in GM VI, 215-231), vraisemblablement destiné à une publica-
tion pour le Journal des Sçavans, il ne sera inalement pas publié du vivant de Leibniz. Il
y mentionne le principe de conservation de l’action motrice en ces termes: «Voicy donc
la regle generale que j’établis. Quelques changemens qui puissent arriver entre des corps
concourans, de quelque nombre qu’ils soyent, il faut qu’il y ait tousjours dans les corps
Studia Leibnitiana, Band XLI, Heft 2 (2009)
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