n ACTA PSYCHIATRICA BELGICA – N° 112/3 – 2012 – 20-30 The study describes the psychiatric disorder frequencies of an important cohort of forensic patients inside the So- cial Defense System (n = 409) and of other psychiatric patients (n = 521) in the same hospitals. Data from the “Résumé Psychiatrique Minimum” from ive French speaking psychiatric hospitals were gathered. We hence described DSM-IV axes characteristic of both group of patients. Only the principal diagnosis was retained. Compared to non forensic patients, the forensic patients have a lower education level, have less often an occupation, more often an axe 2 dia- gnosis, have more sexual disorders, have less disorders related to substances, more problems with justice and a lon- ger hospitalization duration. These results suggest early adaptation problems leading to a long institutionalization among forensic patients. The interest and limits of the study are discussed. Keywords: Psychiatric disorder frequencies, forensic patients, «Résumé Psychiatrique Minimum» Prévalences psychiatriques de patients internés dans les hôpitaux psychiatriques belges francophones (1) Psychiatric disorder frequencies of internees patients in the French-speaking Belgian psychiatric hospitals Saloppé Xavier,Thiry Benjamin, Caels Youri, Davaux Annick, Deloyer Jocelyn, Englebert Jérôme, Jacob Nathalie, Knott Aline, Leroy Ingrid, Sculier Thérèse, Senyoni Isaac, Seutin Alain, Titeca Pierre,Verdicq Sébastien, Pham Thierry H. 1. Cette recherche a été réalisée avec le soutien du Ministère de la Région Wallonne, Santé Affaires Sociales et Egalité des Chances. Contact: Thierry.pham@crds.be. CRDS, 94, rue Despars. (7500) Tournai. Belgique (www.crds.be). GROUPE DE TRAVAIL CIRCUIT DE SOINS INTERNES (GTCSI) : Saloppé Xavier, Centre de Recherche en Défense Sociale,Tournai, Services psychiatriques, Hôpital Saint-Amand-les-Eaux, France.Thiry Benjamin, Service psychosocial, prison de Forest. Caels Youri, Plate-forme de concertation pour la santé mentale en Région de Bruxelles-Capitale. Davaux Annick, Hôpital psychiatrique Saint Martin, Dave. Deloyer Jocelyn, Hôpital psychiatrique Saint Martin, Dave. Englebert Jérôme, Etablissement de Défense Sociale, Paifve. Jacob Nathalie, Etablissement de Défense Sociale, Paifve. Knott Aline, Clinique psychiatrique,Vivalia La Clairière, Bertrix. Leroy Ingrid, C.R.P. Les Mar- ronniers, Tournai. Sculier Thérèse, C.H.P. du Chêne aux Haies, Mons. Senyoni Isaac, Clinique psychiatrique,Vivalia La Clairière, Bertrix. Seutin Alain, Centre Hospitalier Jean Titeca A.S.B.L. (Schaerbeek).Titeca Pierre, Centre Hospitalier Jean Titeca A.S.B.L. (Schaerbeek). Verdicq Sébastien, Hôpital psychiatrique Saint Martin, Dave. Pham Thierry H., Centre de Recherche en Défense Sociale, Tournai. En Belgique, c’est peu après la première guerre mondiale que les premiers médecins des prisons constatèrent que de nom- breux délinquants souffraient de maladies mentales. Ce constat fut à l’origine de la première loi de défense sociale à l’égard des anormaux et des délinquants d’habitude en 1930. Elle pré- voyait que les déments, les déséquilibrés, les débiles mentaux et les récidivistes soient mis en observation psychiatrique afin d’y être traités dans des établissements spéciaux. Une nouvelle version en 1964 prévoyait que cette mesure d’internement ne soit levée qu’à condition de l’amélioration de l’état mental et de conditions de réadaptation sociale réunies, sans délai tempo- rel précis. Cette loi avait pour but de distinguer les délinquants normaux des anormaux, nécessitant des soins. De nos jours, les délinquants belges, chez qui une pathologie psychiatrique est reconnue, ne sont pas condamnés à une peine de prison mais font l’objet d’une mesure d’internement prononcée par le tri- bunal. La plupart des internés attendent au sein des prisons, souvent en annexe psychiatrique, qu’une place se libère dans les Etablissements de Défense Sociale (EDS, qui sont des hôpi- taux sécuritaires). Cette attente peut durer en moyenne deux ans en raison du fait que les EDS ne peuvent accepter qu’un nombre limité de patients. Les patients internés peuvent, dès lors, se trouver dans quatre lieux : (a) l’annexe psychiatrique d’une prison, (b) un Etablissement de Défense Sociale, (c) une section spéciale d’hôpital psychiatrique, (d) un logement per- sonnel. Le milieu de soins adapté est décidé pas une commis- sion indépendante présidée par un magistrat : la Commission de Défense Sociale. Les internés peuvent ensuite bénéficier d’une libération à l’essai, et quitter les sections psychiatriques sécuritaires ou l’EDS pour vivre à l’extérieur, par exemple chez eux ou dans une autre structure de soins. Cosyns et al. (2007) dénombraient 3306 internés en Belgique. Parmi ceux-ci, 848 (26%) séjournaient dans des établissements sécuritaires dépendant de la justice (y compris l’EDS de Paifve), 374 (11%) dans un Etablissement de Défense Sociale (à Tournai ou Mons), 401 (12%) dans des institutions psychiatriques, 138 (4%) dans des projets pilotes, et 1545 (47%) dans des homes, des appartements supervisés, ou à leur domicile. Ces mêmes auteurs se sont intéressés aux internés séjournant dans des établissements dépendant de la justice et constataient