ACCREDITATION EN EQUIPE DES GASTRO-ENTEROLOGUES GASTRO MEDICAL TEAM P. Cabarrot 1,2 , J. Lévy 1 , J-P Dupuychaffray 3,4 , P Chevalier 2 , L. May-Michelangeli 2 , R. Amalberti 2 , J-F. Thébaut 2 (1) Clinique des Cèdres, 31700 Cornebarrieu, (2) Haute Autorité de Santé, (3) Centre Hospitalier d’Angoulême (4) Président de la Commission Accréditation - Collège Evaluation Formation Accréditation d’Hépato-Gastroentérologie La publication en 1999 du rapport de l’Institute of Medicine « To err is human » a fait aux Etats Unis (et par ricochet dans tous les autres pays), l’effet d’une bombe en estimant de 45.000 à 98.000, le nombre de décès annuels de patients américains, dus à des erreurs médicales évitables et ce pour un coup chiffré à 28 milliards de $. L’apport majeur de cette étude a été de mettre en lumière, qu’au- delà des erreurs faites par des professionnels, les défaillances systémiques, c’est à dire liées à l’organisation, étaient des facteurs fortement explicatifs des accidents. Parmi ces facteurs, les insuffisances du travail en équipes en sont les causes profondes les plus fréquemment retrouvées. C’est pourquoi le second rapport du même IOM, en 2002 (Crossing the quality chasm) a recommandé l’instauration de programmes de formation d’équipes multidisciplinaires, incorporant les techniques éprouvées de Team training de l’industrie aéronautique. En effet, en Aéronautique comme en Médecine, les défauts de communication et de coopération au sein de l’équipe sont identifiés dans deux tiers des EIG ou Evénements Indésirables Graves. Les compétences techniques (TECHNICAL SKILLS) acquises à l’université dans les métiers de chacun ne suffisent pas à s’améliorer sur ces domaines. Il faut développer des aptitudes complémentaires sur les aspects non techniques (NON TECHNICAL SKILLS), dont en premier lieu le travail en équipe. De nombreuses initiatives ont vu le jour pour favoriser des pratiques renforçant la coopération dans les équipes médicales. L’aéronautique a marqué la voie des formations au travail collectif par ses CREW RESOURCES MANAGEMENT 1 et la simulation. Cela a été adapté en médecine dans plusieurs pays sous le nom MEDICAL TEAM TRAINING. Une dizaine de programmes existent déjà aux États- Unis, Canada, Australie et Angleterre. L’exemple le plus probant est le programme mené dans les hôpitaux de la Veterans Health Administration – Cf. encadré. La France, quant à elle, vient de se lancer, via la HAS, dans le cadre d’un programme expérimental dit PACTE (programme d’amélioration 1 Les Crew Resources Management ou CRM sont des formations développées, dans les années 70, dans l’industrie aéronautique pour améliorer les compétences non techniques (communication, coopération, leadership, gestion des conflits) imposées à tous les équipages. Ces formations courtes portent sur des petits groupes (5 à 20 personnes) travaillant sur des mises en situation concrètes et des jeux de rôles; l’acquisition des compétences au travail collectif est complétée par des séances de simulation. La médecine s’est saisie de ce type de formation et commence à l’appliquer à grande échelle, les CRM sont appelés Medical Team Training et sont souvent couplés à des formations sur simulateur. Le réseau des hôpitaux des Veterans a implanté en 2005, un programme complet d’amélioration de la sécurité au bloc opératoire dans ses 77 hôpitaux de médecine, chirurgie et obstétrique 1 . Le programme s’appuyait sur trois notions: diagnostic des faiblesses et engagement collectif vers des objectifs d’amélioration, Medical Team Training obligatoire, suivi pendant un an des efforts du groupe par un coaching dédié. Après un an, la mortalité a été réduite de 17 % et ce résultat persiste au-delà de l’arrêt de l’expérience. 94 % des équipes sont satisfaites de la dynamique installée; elles déclarent moins d’événements indésirables graves et plus d’événements porteurs de risques, ce qui montre bien que s’installe en même temps que des effets positifs sur la sécurité, un véritable changement de culture sur la transparence et le partage du risque. La diminution est également observée pour des objectifs plus ciblés, comme l’infection chirurgicale.