LA NAQLA, ÉTUDE DU CONCEPT DE TRANSFERT DANS L’ŒUVRE D’AL-FA ¯ RA ¯ BI ¯ GUILLAUME DE VAULX D’ARCY* École française internationale, P.O. Box 9982 – Djeddah 21423, Arabie Saoudite Email: g.de.vaulx@gmail.com Abstract. This article aims at presenting for the first time a central concept in al-Fa ¯ra ¯bı ¯’s work that constitutes a keystone in understanding his thought, be it in its logical or political aspects. This concept is that of naqla, which, in terms of transmis- sion and translation, its generic transcription can be rendered as ‘transfer’. The naqla is a notion that pertains to rupture in linguistic, logical or temporal continuities, and hints at confusing contiguities in the use of words, in demonstrations and in historical processes. This notion of naqla is at the centre of the preoccupations of al-Fa ¯ra ¯bı ¯ in his various domains of thinking. First of all, in terms of his linguistic reflection that consists of thinking about the transfer (naqla) of a given word in between its notions of first and second imposition. Then, in logic, the integration of the modes of reasoning of the theologians in Aristotelian syllogism, which passes by way of a mechanism of logical transference in the case of induction and the shift in paradigm. Finally, the Fa ¯ra ¯bian conception of intellectual history, as a transmission of knowledge, cannot be grasped in its fullest scope except through an understanding, not only of the common notion of naqla, but rather in terms of its particular Fa ¯ra ¯ bian sense; namely as a concept that entirely renews the question of transmission and translation. Résumé. Cet article entend présenter pour la première fois un concept central d’al-Fa ¯ra ¯bı ¯, clé de voûte à la compréhension de sa pensée tant logique que politique. Ce concept est celui de naqla, qui renvoie à la translation, la transmission, la traduction, et dont la transcription générique peut être le transfert. La naqla, c’est le concept de la rupture dans la continuité linguistique, logique ou temporelle et des contiguïtés confondantes dans les mots, les démonstrations et les processus his- toriques. Ce concept de naqla est au centre des préoccupations d’al-Fa ¯ra ¯bı ¯ dans tous les domaines de sa pensée. Tout d’abord, sa réflexion linguistique consiste principale- ment en une réflexion sur le transfert (naqla) pour un mot donné entre ses notions de première et de seconde imposition. Ensuite, au niveau conceptuel, tout égarement de la pensée est compris dans dix formes de naqla. Encore, en logique, l’intégration des raisonnements des théologiens à la syllogistique aristotélicienne passe par un mé- canisme de transfert logique dans les cas de l’induction et du paradigme. Enfin, la conception farabienne de l’histoire intellectuelle comme transmission du savoir ne peut être comprise dans toute son ampleur qu’à partir d’une compréhension non pas seulement commune mais rigoureuse et singulière du concept farabien de naqla, concept qui renouvelle entièrement le problème de la transmission et de la traduction. * Je voudrais exprimer ma gratitude à Marwan Rashed, car c’est grâce à sa confiance que cet article a pu naître, puis par un dialogue constant avec lui qu’il a pris forme. Arabic Sciences and Philosophy, vol. 20 (2010) pp. 125–176 doi:10.1017/S0957423909990129 © 2010 Cambridge University Press