Bulletin d’information POMMIER No 05 – 12 mai 2004 Secrétariat du RAP : 200, chemin Sainte-Foy, 9 e étage, Québec (Québec) G1R 4X6 Téléphone : (418) 380-2100, postes 3551 ou 3581 Télécopieur : (418) 380-2181 Courriel : rap@agr.gouv.qc.ca Page Web : http://www.agr.gouv.qc.ca/dgpar/rap LE « BLANC » DU POMMIER : UNE ZONE « GRISE » AU QUÉBEC…? Vincent Philion Le blanc, anciennement connu sous le nom d’oïdium et parfois de mildiou poudreux (en anglais : powdery mildew), est une maladie fongique qu’on rencontre fréquemment sur les pommiers. Il n’entraîne habituellement pas de problème majeur au Québec, excepté en pépinières ou lors d’années particulières au niveau climatique. Depuis 1998, nous observons une nette augmentation des problèmes qui sont en lien direct avec les saisons plus chaudes que nous avons connues. Symptômes et biologie Les feuilles affectées par le blanc sont recouvertes d’un fin duvet blanc, poudreux, de taches blanchâtres d’allure feutrée; elles sont plus étroites que la normale et elles ont tendance à s’enrouler. Cette poudre blanche est constituée de spores (conidies) qui sont transportées d’un endroit à l’autre par le vent et les insectes mais non par la pluie. Contrairement à la tavelure, cette maladie est favorisée par des températures chaudes (22 à 27 °C) et une humidité élevée, mais en l’absence d’eau sur le feuillage. En fait, la pluie ralentit le blanc car l’eau inhibe la germination des spores. Par contre, l’humidité relative de l’air est un facteur déterminant pour sa propagation. Sous une humidité faible (jour), la dispersion par le vent est favorisée. Sous une humidité élevée (nuit) l’infection des tissus est favorisée. Même si les conditions qui favorisent la tavelure et le blanc sont différentes, ces deux maladies coexistent tout de même puisqu’il ne faut que quelques jours de très beau temps pour démarrer une épidémie de blanc. Le retour de la pluie arrête la progression du blanc, mais cette maladie peut reprendre de plus belle avec le retour du beau temps. L’apparition des symptômes après une infection est très rapide et peut s’effectuer en moins de 48 heures et ainsi créer de nouveaux foyers de propagation. Les nouvelles infections cessent environ un mois après la formation des bourgeons terminaux, au moment de la subérisation des écailles des bourgeons. Comme l’infection des bourgeons en formation constitue l’unique réservoir d’inoculum pour l’année suivante, la croissance tardive est un facteur déterminant de l’importance de l’inoculum l’année suivante. Le champignon passe l’hiver à l’intérieur des bourgeons sous forme de mycélium. Les bourgeons infectés sont souvent moins résistants à l’hiver et meurent graduellement à mesure que la température de l’air baisse en dessous de -28 °C. Au printemps, la maladie reprend son activité avec l’ouverture des bourgeons. Elle envahit alors la pousse, plutôt sur les tiges sortant des bourgeons à fruits que sur celles sortant des bourgeons végétatifs. Les nouvelles feuilles restent sensibles à la maladie seulement quelques jours après leur émergence. Cependant, une feuille abîmée mécaniquement peut être infectée en tout temps.