CHRONOS Revue d’Histoire de l’Université de Balamand Numéro 19, 2009, ISSN 1608 7526 Introduction Il n’existe aucune œuvre d’un historien mamelouk consacrée exclusivement à la ville de Tripoli. Par contre, on trouve d’abondantes informations sur cette ville du temps des Mamelouks dans les œuvres générales des historiographes contemporains, comme Ibn Kathîr (mort en 1373), al-Maqrîzî (mort en 1442), Ibn Taghrîbirdî (mort en 1470), Ibn Iyâs (mort en 1524) et Ibn Tûlûn (mort en 1546) 2 . Dans ces écrits, Tripoli occupe une place plus importante que beaucoup de villes syriennes, car la ville représente une des rares fondations mameloukes et avait fonction de capitale provinciale. Partant, de nombreuses recherches scientifiques ont été effectuées sur cette ville, particulièrement par des historiens libanais, comme par exemple ‘Umar ‘Abd al-Salâm Tadmurî (1981) et Eliyâs al-Qattâr (1998), qui ont livré les grandes lignes de l’histoire sociopolitiques de cette ville et de sa province à cette époque. Basée sur ces sources médiévales, notre contribution vise à examiner la politique mamelouke de déplacement de la ville de Tripoli depuis le littoral vers l’intérieur. Cette opération s’inscrit dans un cadre géopolitique plus large, celui de la défense de l’ensemble de la côte syro- palestinienne contre un éventuel retour des Croisés. Cet article aspire à explorer la place de la nouvelle Tripoli dans cette politique de défense générale et ses fonctions dans la hiérarchie urbaine régionale telle que DÉPLACER UNE VILLE AU TEMPS DES MAMELOUKS : LE CAS DE TRIPOLI 1 Université d’Erfurt, Allemagne. 2 Cf. Ibn Kathîr 1987 ; Al-Maqrîzî 1934-1974 ; Ibn Taghrîbirdî 1936-70 ; Ibn Iyâs 1960- 75; Ibn Tûlûn 1962-64. ALBRECHT FUESS 1