7. ANALYSE DU VIEUX PERSE 7.1. Littérature utilisée Literature on which the following description is mainly based. Concernant la description du vieux perse, nous nous fierons aux ouvrages de Meillet (1915), Kent (1950), Brandenstein & Mayrhofer (1964) et Skjærvø (2002). Les textes seront cités selon la version de Kent (1950) avec quelques adaptations justifiées plus bas. En cas de nécessité, des vérifications ont été faites dans le recueil le plus récent de textes achéménides, à savoir celui de Schmitt (2009). 7.2. Présentation générale Le vieux perse était une langue indo-européenne du groupe indo-iranien, parlée par des tribus occupant le Sud-Ouest de l’Iran actuel, vraisemblablement depuis le IX e siècle avant notre ère, et dont les premières attestations écrites datent du VI e siècle. Déchiffrée depuis le XIX e siècle de notre ère, elle paraît bien connue. Mais on se rend compte en entrant dans les détails qu’il subsiste des incertitudes et une part significative d’interprétation dans les textes publiés, ce dont il faudra tenir compte dans notre étude. 7.2.1. Caractéristiques générales Genetic affiliation, morphological type, syntactic type... Le vieux perse est la seule langue attestée à cette époque du rameau sud-ouest- iranien du groupe indo-iranien. Il a certainement côtoyé le mède, dont on ne trouve que des traces indirectes, en vieux perse même ou en élamite. Plus à l’Est, était parlé l’avestique dont la variante la plus ancienne, le gâthique, est assez proche de l’idiome indien des Védas, le sanskrit védique 222 . Le vieux perse se présente à nous comme une langue indo-européenne classique, avec une morphologie flexionnelle encore riche, mais déjà plus simple que celle du védique ou du gâthique. En ce qui concerne sa structure d’actance , le vieux perse est une langue accusative, si l’on excepte les restes d’une possible structure proto-indo- européenne plus ancienne (3.7.4), mais on y distingue les prémices de ce qui abouti- ra à une ergativité partielle dans certains dialectes iraniens modernes (7.5.4). Dans la proposition, le prédicat est généralement final. L’ordre non-marqué des constituants semble être : sujet, objet, prédicat. C’est par exemple le cas dans (140), mais les déviations sont fréquentes, comme on peut le voir dans (141), où le prédicat nominal de la principale arrive en tête et où le complément d’attribution de la rela- tive est placé après son prédicat. Ces déviations semblent viser à la mise en emphase, en support ou en apport de tel ou tel composant : (140) auramazdā xšaçam manā frābara Ahura-Mazdâ:NOM royaume:NT.NOM.SG 1SG:GÉN remettre:IMPF.3SG « Ahura-Mazdâ m’a confié le royaume » (DB:§5) 223 222 Pour une illustration de cette proximité, voir Mayrhofer (1994: 102). Il faut noter que la plus grande part de la littérature en avestique est écrite en avestique récent, une langue pas plus ancienne que le vieux perse et qui a continué à être employée comme langue liturgique bien après son extinction. Parmi les ouvrages principaux qui composent l’Avesta, à savoir le Yasna, les Yašt et le Vidēvdāt, il n’y a guère que les « chapitres » 28 à 53 du Yasna qui soient en gâthique. 223 Pour la signification de cette indication de source, se reporter à la section 7.2.3.2.